Il, Principes, 1” partie
2. C'est la réponse que nous avons faite à Reid, Philosophie écos-
saise, leç. IX, p. 406, ainsi qu’à Leibniz, Fragments de prilosopbiz
mpdirhi, 1” partie, Dé fente de Detcartet, etc., p. 389.
temps de Descartes, qui n’a été agitée qu’assez longtemps après lui, et qui est loin d’être épuisée môme aujourd'hui. Nous l’examinerons à sa plice et à son heure quand elle sera soulevée par Leibniz1 ; mais en supposant que Descartes ait eu tort de ne voir dans la matière que l’étendue, en quoi cette erreur, si erreur il y a, contient-elle le germe du panthéisme? Prétendrait-on, par hasard, que tous ceux qui n’ont pas connu la fameuse théorie leibnizienne, qui a paru à peu près vers 1691 ou 1694, étaient des panthéistes à leur insu, et que la mécanique de l’univers a moins besoin que la pure dynamique d’un premier moteur et d’un législateur suprême?
VIII. Enfin, ne voir dans le Dieu de Descartes qu’un Dieu à la façon de celui de Spinoza, dépourvu d’attributs moraux, de volonté et de liberté, et d’où tout dérive par nécessité, c’est se forger un cartésianisme à sa guise pour avoir le triste plaisir de le combattre et de le déshonorer. Mais il faut le prendre tel qu’il est et pouvait être. D’une part Descartes n’avait pas le dessein de donner au monde une théodicée régulière et complète où il eût discuté et établi successivement les divers attributs de Dieu. D’autre part, comme nous l’avons déjà dit, il est absurde de l’interroger sur des questions qui n’existaient pas encore. Le spinozisme est venu bien après Descartes; Descartes n’a donc pu le réfuter et faire l’office de Leibniz. Et pourtant, sans qu’on ait le droit de lui demander une polémique anticipée, l’idée que Descartes s’est faite de Dieu, en partant de la pensée et de la personne humaine, est telle