V. Voyez plus bas, leç. IX
qu’elle va en quelque sorte au-devant des erreurs de l’avenir et leur donne de solides démentis. Le Dieu de Descartes n’est pas seulement le Dieu infini de Spinoza, c’est le Dieu parfait du christianisme, qui contient dans son sein, avec les perfections de la toute-puissance, de l'infinité, de l’immensité, de l’éternité, toutes les perfections morales, entre autres la véracité, attribut moral s’il en fut jamais ; c’est même sur cet attribut-là que Descartes asseoit la certitude du témoignage de nos sens et de toutes nos facultés. Il est tout pénétré de la doctrine de la liberté, et de la liberté humaine et de la liberté divine; il fait de l’une l’image de l’autre; il tire de la liberté la plus certaine ressemblance de l’homme avec Dieu. Il parle sans cesse de la création, et la conservation de l’homme et du monde lui est une création continuée. Il est si peu enclin à trop ôter à la volonté de Dieu qu’il excède plutôt dans le sens contraire, en faisant reposer sur la seule volonté divine toute vérité, jusqu’aux vérités nécessaires elles-mêmes. On peut, on doit blâmer en lui cette opinion scotiste1 qu’il n’a vait pas approfondie, qui d’ailleurs ne tient en rien au cœur du système; mais il ne faudrait pas alors l’accuser avec Pascal de se passer de Dieu le plus qu’il peut, sauf la première chiquenaude, comme si cette première chiquenaude n’enfermait pas tout le reste, et avec Leibniz de n’avoir donné à Dieu ni entendement ni volonté.
Par tous ces motifs, nous ne pouvons admettre, à aucun point de vue, que la philosophie de Descartes soit le principe de celle de Spinoza. Ces deux philoso-