‹ Histoire générale de la philosophieChapitre 116 sur 143 · Voyez plue eut, leç. V., p · texte numérisé non relu

Voyez plue eut, leç. V., p

phies ne sont point de la même famille. Deux esprits contraires les animent. Elles viennent de principes opposés et elles aboutissent à des conséquences opposées. Descartes, sans aucune teinte mystique, respire de toutes parts le spiritualisme. Aussi son école, celle qui est directement sortie de lui, et le .représente au dixseptième siècle, est-elle hautement spiritualiste et théiste, et s’est-elle tout entière prononcée contre Spinoza.

En effet, quels ont été les disciples reconnus de Descartes ? En Hollande, ce sont au premier rang Wittich 1 et Clauberg1. Or, tous deux sont des adversaires déclarés du spinozisme. Et sur un plus grand théâtre, en France, quels sont ceux qui ont le plus combattu notre philosophie? Ceux qui, nous le disons sans excepter Pascal et les Jésuites, étaient superstitieusement attachés au vieux péripatétisme, ou, par une raison ou par une autre, inclinaient au scepticisme. Et quels ont été ses partisans? Tous ceux qui, d’ailleurs très-divisés entre eux, se réunissaient dans un sérieux attachement à la grande cause de l’âme et de Dieu, depuis le janséniste Arnauld* jusqu’à ce Bossuet dont nous avons pu

1. Wittich professa de bonne heure le cartésianisme, Dissertation* t due, etc., in-12, Amstelodami, 16S3, et il le défendit plus tard avec beaucoup de solidité contre Spinoza, Christophori Wittichii anti-Spin osa, site examen Ethices Benedicti de Spinosa et commentarius de Deo et ejus attributis, in-4*, Amstelodami, 1690.

2. Excellent esprit, et le meilleur cartésien hollandais. On ne consultera pas sans fruit sa paraphrase latine sur les Méditations dédiée au chancelier Séguier, in 4*, 1657. Ses deux ouvrages les plus connus sont : Johannis Claubergii Initiatio philosophie , site dubitatio cartesiana ad metaphgsicam eertitudinem viam ape riens, in— 12, 1655, et Defensio cartesiana, 1652 et 1658 On a donné à Amsterdam en 1691, in-4*, une collection de ses ouvrages philosophiques : Johannis Claubergii Opéra omnia philosophica.

3. Voyez sur Arnauld comme philosophe et nomme cartésien , les

dire sans courir le risque d’étre démenti : «Si on voulait donner à Bossuet un nom d’école comme au moyen âge, il faudrait l’appeler le docteur infaillible*. »,Eh bien, ce docteur infaillible, cet homme dont le génie est en quelque sorte le bon sens éloquent, qui dans ses vastes études avait embrajsé et su concilier Platon et Aristote, saint Augustin et saint Thomas, n’hésita pas à prendre pour guide au dix-septième siècle l’auteur du Discours sur la milhode et des Méditations \ Jamais dans ces deux grands livres, si profondément, si consciencieusement étudiés par lui à diverses époques, Bossuet n’aperçut de semences cachées de spinozisme, et il refusa constamment, malgré la ligue de toutes les puissances déchaînées alors contre Descartes, de se joindre à ses ennemis.

Ces inductions historiques forment, à nos yeux, nous l’avouons, un argument d’une très-grande force.

Voici dans quelle mesure on peut rattacher Spinoza à Descartes :

1* 11 a reçu de Descartes l'initiation à la philosophie, comme tous les hommes éc'airés de son temps, et en Hollande il a vécu dans une atmosphère cartésienne. 11 y a puisé le goût d’une manière de philosopher à la fuis libre et rigoureuse.

S" Il a pris de Descartes sa physique presque tout

Études sur Pascal, 1" préface, pages 1316, et 2* préface, pages 89-95.

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