‹ Histoire générale de la philosophieChapitre 118 sur 143 · Plus haut, leç. IV, p · texte numérisé non relu

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que, n’en pouvait ignorer cette branche si curieuse, et Wachter est bien plus dans le vrai lorsque, renfermant sa thèse en de plus étroites limites, il montre à la fin de son livre les frappantes analogies de la cabale et du spinozisme L’opinion du savant Hollandais s’est assez vite accréditée ; Leibniz l’a embrassée, et après avoir fait de Spinoza un disciple de Descartes, il en a fait aussi un disciple de la cabale.

Mais il est une autre source juive que ni Wachter ni Leibniz n’ont connue, et où nous pensons que Spinoza a surtout puisé : nous voulons parler de cette philosophie que les juifs avaient empruntée des Arabes qui eux-mêmes la tenaient des derniers alexandrins ; philosophie plus arabe que juive, riche en ouvrages et en noms célèbres Cette philosophie a pour enseigne avouée la négation des attributs de Dieu: elle fuit jusqu’à l’ombre de l’anthropomorphisme, elle repousse tout surnatur- 1; elle explique symboliquement ou physiquement les saintes Écritures ; elle a sa théorie de l’inspiration et du prophétisme ; elle va quelquefois jusqu'à nier résolûment la création ; et tandis qu’elle fait de Dieu une abstraction, elle considère le monde comme infini et éternel, ses divers phénomènes comme les formes passagères de la matière première, et les phénomènes intellectuels et moraux comme relevant d’un seul et même esprit surnaturel qui s’individualise dans les diverses intelligences humaines. A ces traits, vous reconnaissez ce péripatétisme oriental né d'une fausse interprétation de la métaphysique d’Aristote, qui a régné longtemps sur les côtes de l'Afrique et dans les écoles d’Espagne1, qui a eu ses moments d’éclat,

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