‹ Histoire générale de la philosophieChapitre 119 sur 143 · Leçon V, Philosophie du moyen Age, p. 231-238, etc · texte numérisé non relu

Leçon V, Philosophie du moyen Age, p. 231-238, etc

ses éclipses, ses retours, et n’a jamais péri dans l’histoire ; qui a traversé le moyen âge et la Renaissance, troublé à la fois et vivifié l’Université de Paris au treiziéme siècle, et celle de Padoue au seizième. Son plus illustre représentant, parmi les musulmans, est Averroès ; son représentant le plus sage parmi les Israélites est Maimonide; car pour Avicebron, ainsi que nous l’avons fait voir, il est resté presque en dehors de l’influence arabe, et c’est lui qui nous représenterait bien plutôt une philosophie juive nationale et orthodoxe, avec une nuance néoplatonicienne et mystique.

Rendons justice aux intentions de Maimonide1. Venu au milieu de l’invasion de l’averroïsme dans les écoles juives et de la violente réaction qu'elle provoquait de la part des synagogues, il entreprit de réconcilier la philosophie et la religion, en éclairant la religion et en tempérant la philosophie: noble entreprise, qui lui a mérité la vénération des juifs raisonnables de tous les temps. Mais il ne faut pas que la sagesse de Maimonide donne le change sur sa doctrine. Lui-même est un philosophe arabe mitigé, un péripatéticien circonspect, qui aspire à garder une sorte de juste milieu entre les diverses sectes de l’école régnante, avec une inclination peu dissimulée vers celle qui professait ouvertement la négation des attributs de Dieu. En effet, il ne laisse à Dieu que les attributs négatifs, et lui refuse tout attribut positif, c’est-à-dire qu’il sait parfaitement ce que Dieu n’est pas, mais qu’il ne sait pas ce qu’il est, ni même s’il est, l’existence étant déjà un attribut qui a l’air de trop déterminer l’essence indéterminable.

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