‹ Histoire générale de la philosophieChapitre 123 sur 143 · Proposit. XXXI. — 4. Proposit. XXXIII · texte numérisé non relu

Proposit. XXXI. — 4. Proposit. XXXIII

souvent des fins extravagantes, Spinoza en conclut que toutes les fins qu’on peut concevoir sont des chimères et que la nature ne se propose aucun but dans ses opérations1 2.

Voilà toute la théodicée de Spinoza, la première partie de l’j£(/it9u«,sur Dieu. Sa théorie de l’intelligence1 en découle. Si Dieu seul est substance, la pensée n’est qu’un attribut', l’étendue n’est aussi qu’un attribut*. L’idée est un mode delà pensée, et le corps un mode de l’étendue. L’ordre des idées est l’ordre même des choses*, etc.

Sans prolonger les citations, vous apercevez toutes les conséquences de ees principes : plus d’espoir d’immortalité, la prière inutile envers un être immuable et sans volonté, qui n’a pas créé l’homme, mais le porte dans son sein comme un mode passager de ses éternels attributs; tous les cultes sont des superstitions insensées, et l’homme n'est qu’un pur phénomène, composé d’une petite portion d’étendue et d'une pensée trèslimitée dont la fonction la plus hauteest de reconnaître le peu qu’elle est, et, pendant les courts instants de cette existence éphémère, de s’élever à l’être infini par une aspiration à la fois sublime et vaine appelée l’amour. Cet amour d’un Dieu qui lui-même ne peutaimer et fait tout cequ’ilfait nécessairement, seraitune inconséquence dans le système, s’il fallait y voir autre chose qu’un pur mouvement du Uni vers l'infini, destitué de tout caractère moral, trompeuse imitation de l’amour chrétien qui s’adresse à un père véritable, ou peut-être réminiscence affaiblie de l'amour platonicien, tel que

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