Colebrooke, ibid., p
2. Colebrooke : spiritual insulation, la réduction de l'esprit à luiméme, l’isolement, l’abstractiun. C'est bien i peu près l'extase, sauf le mot technique qui manque, à ce qu’il parait, à la philosophie indienne. Il était réserse à la philosophie grecque, qui la première a introduit la psychologie dans la science philosophique, de bien étudier ce fait extraordinaire, de le décrire, et de ie marquer d'un terme spécial et caractéristique. Voyez 'us bas, leçon IV, École d’Alexandrie.
M. Guillaume de Humboldt est le premier, je crois, qui, dans sa profonde analyse du Bhagavad-Gita1, soupçonna que cet ouvrage pouvait bien appartenir au Sankhya de Patandjnli. Ce simple soupçon de M. de Humboldt est devenu une certitude, au moins pour nous ; car aujourd’hui, grâce aux mémoires de M. Colebrooke, nous avons entre les mains tous les systèmes de la philosophie indienne; or, le Bhagavad-Gita en renferme un qui ne nous paraît s’accorder parfaitement avec aucun de ceux que nous retrace M. Colebrooke, sinon avec le Sankhya de Patandjali.
Le Bhagavad-Gita5 est un épisode du Mahabharata, immense épopée nationale, dont le sujet est la querelle des Kourous et des Pandous, deux branches de la même famille, dont l’une, après avoir été chassée par l’autre, entreprend de rentrer dans sa patrie 1 1 d’y rétablir son autorité. Dieu est pour l’ancienne race exilée, les Pandous, et il protège leur représentant, lejeune Ardjouna; il l’accompagne, sans que celui-ci sache quel est ci Crishna qui est avec lui sur son char et lui sert presque d’écuyer. L’épisode du Bhagavad-Gita prend l’action au moment où Ardjouna arrive sur le champ de bataille. Avant de donner le signal du combat, Ardjouna contemple les rangs ennemis; il n’y trouve que des frères, des parents, des amis, auxquels il doit faire mordre la poussière pour arriver à l’empire; et à cette idéei tombe dans une mélancolie profonde ; il déclare à son compagnon qu’à ce prix l’empire et l'existence même n’ont pour lui aucun charme; car que faire de l’empire