‹ Histoire générale de la philosophieChapitre 18 sur 143 · Ibid.,p. 138. < Siculi testudo · texte numérisé non relu

Ibid.,p. 138. < Siculi testudo

3. Ibid. , p. ISO. • Siculi lucerna citra venti impctum posita, haud

• vacillai. » La traduction française est de M. deChezy.

4. Ibid., p. 138 et 139. • Quæ nox est cunctis animantibus, banc

• pervigtlal abstinens; qua vigilant animantes, hæc est nox verum

• intuentis anachoietæ. »

5. Ibid., p. 147. « In brachmane doctrina et modestia praedito, in Love, in elephante, tune etiam in cane atque homine qui canina carne vescitur, sapienles idem cernunt. •

l'âme du dernier des Brutus. L’indifférence de l’yogui est donc très-conséquente; il ne cherche que Dieu, mais il le trouve également dans tout. Seulement, pour le trouver dans toutes choses, ce n'est que la substance des choses, l’être pur qu’il faut considérer; et comme le but de la contemplation estde s’unir à Dieu, le moyen d’arriver à cette union est de lui ressembler le plus possible, c’est-à-dire de se réduire soi-môme à l’être pur, par l’abolition de toute pensée, de tout acte même intérieur; car la moindre pensée, le moindre acte détruirait l’unité en la divisant, modifierait et altérerait a substance de l’âme. Cet état d’absorption de l’âme en elle-même, cette suppression de toute modification interne et externe, et par conséquent de la conscience, et par conséquent encore de la mémoire, c'est la fin de la contemplation ; c’est où tend l’yogui ; il aspire à s’anéantir en Dieu *. Or il y a des moyens et même des moyens physiques d’arriver à cet anéantissement. Je ne veux pas entrer ici dans toutes les prescriptions qui sont dans le Bhagavad-Gita ; je vous signalerai seulement la dernière, qui est de retenir même son souffle*, et de se contenter de prononcer, je me trompe, de murmurer le mot ou le simple monosyllabe mystique Om, qui représente l’idée même de Dieu.

L’interlocuteur d’Ardjouna, après l’avoir ainsi préparé et développé en lui le sens de la contemplation divine, rejette enfin les voiles qui l’entouraient, et

1. Schlegel, p. 148. «Dévolus ad exslinclionem in numine perve- Dit. •

2. Ibid., p. 149. « Devotus... in régions pura figens sibi sedem sta-

• hiiem... ibi animo in unum intento, coercitis cogilalionibus, sensi- « bus actibuviue,.. æquabililer corpus, caput cerviccmque sustineus,

• firmus, intuens nasi sui apiccm. •

alors ce n’est plus un écuyer, un compagnon, un ami, c’est Dieu lui-même qui se révèle au héros Ardjouna. Mais, puisque Dieu est l’étre en soi sans attribut fixe, il s’ensuit qu’il est en tout et que tout est en lui ; qu'il est tout et que tout est lui, et qu’il a mille et mille formes. Il les révèle à Ardjouna. Il se montre successivement à lui comme Créateur, comme conservateur, comme destructeur; il se montre comme esprit et il se montre comme matière; il se manifeste dans les plus grandes choses et dans les plus petites, dans les plus saintes et dans les plus grossières. De là, dans lefihagavad-Gila, une énumération dithyrambique des qualités de Dieu*; énumération qui se déroule presque sans fin avec le grandiose naïf de la poésie orientale, et dont la longueur, la monotonie à la fois et la variété ne produisent d’abord qu’un admirable effet poétique, mais qui, bien étudiées, trahissent le principe philosophique du Bhagavad-Gita. Grishna, pour dire tout ce qu’il est, est bien obligé d’être long, car il est toutes choses. Cependant il faut bien qu’il choisisse, et je choisirai moi-même.

« Je suis l’auteur de la création et de la dissolution de l’univers *. Il n’y a aucune chose plus grande que moi, Ardjouna, et toutes dépendent de moi, comme les perles du cordon qui les retient. Je suis la vapeur dans l’eau, la lumière dans le soleil et dans la lune, l’invocation dans les Védas, le son dans l’air, l’énergie masculine dans l’homme, le doux parfum dans la terre, l’éclat dans la flamme, la vie dans les animaux, le zèle dans

1. Nous avons revu et corrigé la traduction française de Parraud sur la traduction latine de Schlegel, p. 163.

le zélé, la semence éternelle de toute la nature ; je suis la sagesse du sage, h puissance du puissant, la gloire de celui qu; a de la gloire.... Dans les êtres animés, je suis l’amour chaste'.... »

« Je suis le père * de ce monde, et j'en suis la mère, le grand-père et le tuteur; je suis la doctrine secrète , l'expiation, le saint monosyllabe, les trois livres des Védas; je suis le guide, le nourricier, le maître, le témoin, le domicile, l’asile, l’ami...; je suis la source de la chaleur et celle de la pluie; j’ai dans ma main l’ambroisie et la mort; je suis l'être et le néant. »

« Je suis le commencement, le milieu et la fin1 2 3 4. Tarmi les dieux, je suis Vishnou, et le soleil parmi les astres.... Parmi les livres sacrés, je suis le livre des cunliques.... Dans le corps je suis l’âme, et dans l’âme l'intelligence.... Je suis Mérou parmi les montagnes; parmi les prêtres je suis leur chef; parmi les guerriers je suis Skanda, et parmi les mers l’Océan.... Je suis le monosyllable parmi les mots; parmi les adorations, je suis l’adoration silencieuse, et parmi les choses immobiles la montagne Himalaya. De tous les arbres je suis le figuier sacré...; Kapila*, parmi les sages.... (suit une énumération qu’il suffit d’indiquer : parmi les chevaux... ; parmi les éléphants. . ; parmi les rochers...; parmi les serpents..,; parmi les poissons...; parmi les oiseaux...); et parmi le rivières je suis le Gange.... De toutes les sciences, je suis celle qui en-

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