‹ Histoire générale de la philosophieChapitre 21 sur 143 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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cheraiî en vain les pires extravagances que le mysticisme porte dans son sein, et auxquelles est incontestablement arrivé le Sankhja de Patandjali, je veux parler des pouvoirs supérieurs à l’humanité et de leurs merveilleux effets que contient le troisième livre des yoga-soutras. L’yoguisme tend à l’union la plus intime avec Dieu, et l’effet de cette union, c’est l’exemption des conditions ordinaires de l’existence et la jouissance d’une puissance privilégiée. « Cette puissance, dit M. Colebrooke* auquel nous revenons ici, consiste à prendre toutes les formes, une forme si petite, si subtile, qu’elle puisse traverser tous les autres corps, ou bien une taille gigantesque, à s’élever jusqu'au disque du soleil, à toucher la lune du bout du doigt, à plonger et k voir dans l'intérieur de la terre et dans l’intérieur de l’eau. Elle va jusqu’à changer le cours de la nature, et à agir sur les choses inanimées comme sur les choses animées. » Cette puissance, on le voit, c’est la magie. La magie est sans doute un produit nature) de l’imagination orientale, et elle se retrouve dans beaucoup d’autres sectes religieuses et philosophiques de l’Inde ; mais elle domine dans le Sankhya de Patandjali, elle est propre à l'yoguisme ; c’est pourquoi dans les drames et dans les contes populaires les sorciers sont d’ordinaire des yoguistes.

Terminons cette revue des divers systèmes indiens par quelques mots au moins sur la dernière philosophie de l'Inde, si célèbre et encore si peu connue, le bouddhisme. M. Colebrooke lui-même déclare qu’il n’a eu entre les mains aucun des monuments originaux qui en

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