‹ Histoire générale de la philosophieChapitre 34 sur 143 · Xénophon, Des choses mémorables, IV, 2 et · texte numérisé non relu

Xénophon, Des choses mémorables, IV, 2 et

3. Métaphysique, 1,6. Voyez notre traduction, Fragments de philosophie ANCIENNE, p. 213.

y a de général dans les choses ou dans les notions particulières. Aristote le dit formellement: « Il y a deux choses dont il est juste de faire honneur à Socrate, les raisonnements inductifs et les définitions générales1. »

Ges précieux témoignages confirment les nombreux passages où Xénophon et Platon nous peignent leur commun maître occupé de remonter par tout au général et y faisant consister la vérité et la science. C’est donc aux idées, sous ce nom ou sous un autre, c’est-à-dire à la détermination de ce qu’il y a de général, de constant, d’immuable en toutes choses, que Socrate excitait et poussait ses jeunes amis, non-seulement par toutes les ressources de son esprit, mais par cette force d’impulsion et d'attraction qui résidait dans son  ne, par cette puissance d'aimer dont il se faisait gloire. Socrate en effet ne parlait que d’amour. Tout comme il faisait profession dans Athènes d’étre un causeur perpétuel et infatigable, de môme il prétendait ne savoir qu’une chose, l’amour, et il se donnait pour l’amant de tous les beaux jeunes gens, sauf à finir par dire très- nettement à Alcibiade que la beauté dont il était épris n’était pas la beauté du corps, mais celle de l’âme*.

Aristote le déclare autant que Platon et Xénophon :

1. Métaphysique, XIII, 4 . Aüo yip I<mv i tu à» àtoôoiîj Xwxpàtci Sixzia k, tau; t’inaxttxoù; Toyou; xxi xà ôpiÇeaOxi xadoTou. L'expression iiraxTixoi î.ôyot est évidemment synonyme d'isayosycrf.

2. Fragments de philosophie ancienne, p 99, 100. Outre le Phèdre et le Banquet, où cette puissance de Socrate est si bien dépeinte, nous avons encore sur ce point le témoignage plus discret, mais fort clair, de Xénophon, dans les Choses mémorables, I, 6; 11,4, 6; III. 10; IV, 6.

l’étude favorite de Socrate était la morale, et il y trouvait un admirable emploi des notions que lui avait fournies la conscience méthodiquement interrogée sur la nature humaine. « Sans la connaissance de soi-même, disait il, comment arriver à la vertu et au bonheur? Qui s’ignore ne peut savoir ni ce qui lui convient, ni ce qu’il doit, ni ce dont il est capable'. »

Nul n’a jamais été plus pénétré que Socrate du sentiment de la justice. Il avait le culte des lois de la patrie, et il autorisait ses discours par les actes de toute sa vie. Non-seulement il avait porté les armes avec honneur au siège de Potidée et dans les combats de Déliura et d’Amphipolis, mais il avait déployé le plus grand courage civil en résistant tour à tour, comme magistrat ou comme simple particulier, à toutes les tyrannies, à celle des Trente comme à celle d’une aveugle multitude. Mais si les lois écrites trouvaient en lui un défenseur intrépide, s’il était prêt en toute occasion à leur faire tous les sacrifices, c’est qu’il y voyait l’eipression d’une loi éternelle et non écrite, et qu’il les rattachait au type universel du bien1 2. »

En ami éclairé de l’humanité, Socrate ne voulait pas qu’on se représentât le bien et l’honnête comme étant en opposition avec notre intérêt véritable. Il se plaisait au contraire à montrer l’harmonie de l’honnête et de l’utile, et à les faire considérer comme des aspects ou des noms divers d’un seule et même chose, le bien en soi, dont toute âme bien faite porte avec elle l’in-

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