‹ Histoire générale de la philosophieChapitre 35 sur 143 · Xénophon, Des choses mémorables, IV · texte numérisé non relu

Xénophon, Des choses mémorables, IV

2. Xénophon, Des choses mémorables, IV, 6; Platon, dans le Crilon et dans le Banquet.

stinct et l’amour, et c’est en cela particulièrement qu’il a été le digne maître et prédécesseur de Platon1 2.

Ainsi que nous l’avons dit, il embrassa avec enthousiasme la théorie du Noüç d’Anaxagore, et il la porta à sa perfection en y appliquant une méthode inconnue au philosophe de Clazomène, la méthode psychologique.

Rencontrant au fond de son être un principe intelligent, cause certaine de ses actes, et dont la fin lui semblait toujours le bien ou le meilleur, une analogie irrésistible le conduisit à attribuer aussi à un principe semblable les œuvres merveilleuses dont il voyait l’univers rempli; il mit à la place du hasard et d’une force sans conscience d’elle-même un ouvrier sage dont le bien est le but suprême. Il ne pouvaitdonc lui suffire d’expliquer le monde comme l’avait fait Anaxagore,par l’intervention d’une intelligence souveraine; il transportait dans cette intelligence la volonté juste et bonne qu’il trouvait en lui-même, et s’élevant, le premier peut-être parmi les philosophes, à la conception de la Providence, il s’appliquait à signaler et à faire sentir à ses amis les bienfaisantes harmonies que présente l’univers dans son ensemble et dans ses moindres détails. Il démontrait, par le spectacle de la nature, et surtout par la description de l’homme, la puissance à la fois, la sagesse et la bonté du Dieu qui a formé tous les êtres, et qui veille à la conservation de son ouvrage’. Le principe des causes finales, ajouté par Socrate au principe du mouvement et au principe de l’in-

1. Xénopbon, Des choses mémorables, IV, 4; Platon, dans le Gorgiat.

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