‹ Histoire générale de la philosophieChapitre 42 sur 143 · Diogène, III, 11. — 3. Voyez plus bas, p · texte numérisé non relu

Diogène, III, 11. — 3. Voyez plus bas, p

4. Plutarque, Auma, ch. XI : Taùià 6; xat IDàtw/à fa; itpurSurrjv yi*6|i*yov SiavrvofjaSai mpl tr,; yij;.

l’astronomie, autorise pleinement cette tradition en la prenant à sa charge : * Théophraste raconte, dit ce môme Plutarque dans les Questions platoniciennes', que Platon dans sa vieillesse se repentit d’avoir placé la terre au centre du monde, place qui ne lui appartient pas. » Nous demandons s’il y a un fait mieux attesté que celui-là, et si ce n’est pas un immortel honneur à Platon d’avoir, au moins avant de mourir, rendu hommage à une doctrine qui devait triompher un jour, mais dont l’heure n’était pas venue !

Sa pratique constante est de s'élever sans cesse audessus des apparences, d’aller du particulier au général, du monde sensible et changeant au monde des Idées où se trouve la vérité éternelle. Ainsi jusque dans un bel objet, il sépare sévèrement la matière du beau, qui est purement sensible, de la beauté véritable qui ne tombe pas sous les sens, qui n’est pas une image, mais une Idée, et c’est à cette beauté idéale qu’il rapporte l’amour, l’amour véritable aussi, c'est-à-dire l’amour de l’âme, abandonnant la matière même de la beauté, son objet visible, à l’amour matériel qui y correspond. Voilà la théorie de la beauté et de l’amour platonique, que se partagent Socrate et Platon, mais que celui-ci a célébré dans un langage incomparable1 2 3.

Je vous ai déjà signalé la théodicée de Platon. Son Dieu est intelligence, puissance et amour. Le principe suprême de la morale platonicienne est donc de tendre

1. Quest. Platon, VIII : « Siopp otsto; Si «.ai itpoatoxoptl xu> N /àtmvi, noia&jziptp ynogiivu titxaptltiv, û; où Kpoa^xooaav àitoôovrt xî Ti xiv (i€OT)v x«p«VT où itaviù;. »

2. Voyez VBippieu, le Phèdre, le Banquet , t. IV et VI de notre

traduction.

de toutes ses forces à se rapprocher de ce Dieu et à lui ressembler par la pensée et par les actes, t<ü ©«$ êjAotoxjtç Mais Platon ne s’en est pas tenu là : il a embrassé la morale dans toute son étendue, et il l’a d’abord constituée, grâce à cette division fameuse qui a duré bien longtemps dans les écoles païennes et même dans les écoles chrétiennes, la division en quatre vertus depuis nommées cardinales, le courage ou la constance, dvSpei'a, la tempérance ou la modération, <jco»poovvT], la justice, Sixaiaoûvi), avec la çpôvïjoiç, vertu spéciale et générale tout ensemble, difficile à déterminer nettement, la sagesse, la prudence, la raison, le bon sens, que Platon met à la tête de toutes les vertus pour bien marquer que toutes exigent une culture plus ou moins considérable de l’intelligence, de l’instruction, des lumières, de la science, de la philosophie; d’où il suit que la vertu s’apprend comme toute autre chose.

Et Platon n’est pas le moins du monde un rigoriste outré, comme Antisthène : il est loin de condamner la vertu à une austérité farouche; il lui donne pour compagnon le plaisir honnête, dont le charme naturel peut défendre l’âme contre les séductions du vice, comme Socrate avait eu soin de ne pas séparer l’utile du bien, et de les présenter toujours dans leur essentielle harmonie’.

La politique de Platon, c’est encore sa morale, transportée de la conscience dans la société. Il traite l’État comme l’individu, il lui assigne le même but, le bonheur dans le bien. Il gourmande Thémistoc.le et Péri-

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