‹ Histoire générale de la philosophieChapitre 43 sur 143 · Voyez le Plulébe, t. Il de notre traduction · texte numérisé non relu

Voyez le Plulébe, t. Il de notre traduction

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clés de s’étre occupés seulement de la prospérité matérielle de la patrie, au lieu de songer avant tout à sa force morale, à la vertu des citoyens*.

Ennemi de la tyrannie, de quelque côté qu’elle vienne et quelque masque qu’elle emprunte, il la combat dans une démocratie effrénée aussi énergiquement que dans une oligarchie insolente. Il se porte partout l’interprète éloquent de la justice ; au milieu du quatrième siècle avant notre ère, il invoque un gouvernement mixte et pondéré, composé d’éléments différents, se faisant contre-poids et habilement concertés dans l'intérêt de la liberté et de l’ordre. Les accents de l’auteur de la République et des Lois 1 ont retenti d’âge en âge dans toutes les âmes hères et généreuses. Cicéron seul nous les a rendus quelquefois dans l’antiquité, et Montesquieu ne les a point surpassés.

Non content de graver ces nobles maximes dans ses ouvrages, Platon les mit en pratique. Appelé en Sicile par Uenys, qui, disait-il, désirait prendre ses conseils sur l’art de gouverner, il quitta son pays et se rendit auprès du tyran. Il n’y trouva deux fois qu’une lâche persécution. Denys, pour reconnaître ses conseils, voulut d’abord lui ôter la vie, puis il le vendit comme esclave*. Le disciple de Socrate put apprendre par expérience ce qu’il en coûte de vouloir être utile aux hommes, et désormais il se renferma dans sa studieuse retraite de l’Académie*.

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