‹ Histoire générale de la philosophieChapitre 48 sur 143 · De l’Ame, II, 1 et · texte numérisé non relu

De l’Ame, II, 1 et

3. Métaphysique, liv. XII, chap. m; Fragments de philosophie ancienne, p. 240 de notre traduction. Voyez aussi, sur l'irne séparée, de

l’Ame, III, 5.

l’univers, une cause qui commence le mouvement sans y tomber * ; et cette cause du mouvement n’est pas une cause physique, c’est une intelligence*, et une intelligence qui se connaît elle-même. On ne peut s’exprimer plus nettement et plus grandement : « Si l’intelligence ne pense à rien et si elle est comme un homme endormi, où serait sa dignité?... Elle se pense elle-même, puisqu’elle est ce qu'il y a de plus puissant, et sa pensée est la pensée de la pensée1 2 3 4. » Enfin le Dieu d’Aristote est absolument immatériel, et indépendant du monde; il se suffit à lui-méme, il est ce qu’Aristote appelle une entéléchie, ir sîké/tta, un être ayant en soi sa fin et sa perfection *.

Selon Aristote, Dieu est tellement différent du monde qu’il ne le connaît pas. Citons ce passage étrange : « N’y a-t-il pas certaines choses qui ne peuvent être les objets de sa pensée? Il est évident que l’intelligence première pense à ce qu’il y a de plus divin et de plus excellent, et qu’elle ne change pas d’objet; car changer, pour elle, ce serait déchoir, ce serait déjà tomber dans le mouvement. D’abord si elle n’est pas la pensée en acte mais la pensée en puissance ce pourrait être une fatigue pour elle que la continuité de la pensée.... Et encore la pensée pourrait se porter sur ce qu’il y a de plus vil comme sur ce qu’il y a de meilleur.... Il est

1. Physique, VIII, 5, ~i wpütov xivoüv àxivrjTox. Voyez aussi la Métaphysique, liv. XII, ch. tu, p. 250 de notre traduction. Fragments

DK PHILOSOPHIE ANCIENNE.

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