‹ Histoire générale de la philosophieChapitre 55 sur 143 · Speusippe, Xénocrate, Polémon, Cratès et Crantor · texte numérisé non relu

Speusippe, Xénocrate, Polémon, Cratès et Crantor

2. Cicéron, Académiques, I, 9: « Speusippus et Xenocrates, qui « primi Platonis rationem auctoritalemquc susceperunt, et post hos « Polemon et Crates unaque Crantor in Acadeuna congregati diligco-

• ter ea quæ a superioribus accepeiant, luebantur. »

3. Arisl., de l'Ame, I, 2. Cicéron dit la même chose, Tusculanet,

4. Cicéron. Académ., I, Il : < Kxpertem.... corporis animant - — Ibid., Il, 39: « Mentem qttoque sine ullo corpore, quod inlelligi quale « sit vix polest. >

5. Tuscul., V, 18: « Eiaggerabat virtutem, exlenuabat cæteraet ab-

• jiciebat. »

PniL. GRECQUE. SES DÉVELOPPEMENTS ETS* FIN. 169

devenue “de son côté l’école d’Aristote, le fameux Lycée.

Au premier coup d’œil que l'on jette sur la liste des platoniciens et des péripatéticiens', on est frappé de trouver surtout des moralistes parmi les p atoniciens, et des physiciens dans l’école péripatéticienne. Théophraste, l'auteur ingénieux et élégant des Caractères, est une honorable exception1 2 3 4; cependant il laisse surtout un nom dans l’histoire naturelle. Or, déjà Théophraste, selon Cicéron, attribue le caractère de divinilé tantôt à l’intelligence, ce qui est la pure doctrine d’Aristote, et tantôt au ciel et à tout le sjstème astronomique1. Mais voici quelque chose de plus net. Dicéarque enseigne qu’il n'y a point d’âme, que l’âme est un mot, nomen inane, dit Cicéron que cette force par laquelle nous agissons et nous sentons n’est pas autre chose que la vie répandue également dans tous les corps ; que ce qu’on appelle âme est inséparable du corps, qu’elle n'est qu’un corps, une matière une et simple dans son essence, mais dont les différents éléments sont arrangés et tempérés entre

1. On a vu plus haut celle des platoniciens; voici celle des péiipatéticiens: Théophraste, Eudéme, Dicéarque, Aristoxène, Héraclide, Stralon, Démétrius de Phalère, Lycon, Hiéronyme, Ariston, CrilolaOs, Diodoro de Tyr.

2. Il était d’Ërèse, dans l'Ile de Lesbos. Mort à l’âge de 86 ans, 296 ans avant l'ère vulgaire.

3. Cicéron, de la Nature des dieux, I, 13 :« Modo.... menti divinuni < tribuil principatum, modo cœlo, tum autem ut sigms sidentusque

• ccelestibus. »

4. Cicéron, Tuscul., I, 10 : « Nihil esse omnino animum . et hoc es-e , nomen inane lolutn, frustr.iquc animalia et animantes appellari,

• neque in homme inesse animum et anitnam, nec in hcslia, rimque . omnem eam quavel agamus vel s nliamus in o i ntbus corporihus . vivis aequabiliter esse fusam, neque separabilem a corpore esse,

• quippe qux nulla sil, nec s l quidquam niai corpus unum et simplex

• ita tiguratum ut temperatione naturae vigeat et scntiat. u

OUATmÈME LEÇON.

eux de manière à produire la vie et le sentiment. Aristoxène le musicien, sorti également de l’école d’Aristote, regarde l’âme ' comme une vibration du corps, comme la résultante des différents éléments et mouvements du corps. Ce que Dicéarque et Aristoxène avaient fait pour l’âme, Straton le physicien le fit pour Dieu. Selon lui, ce que l'on appelle Dieu, intelligence et puissance divine’, n'est pas autre chose que la force de la nature dépourvue de toute conscience d'elle-même ; il n’y a pas besoin de l’hypothèse d’un dieu pour expliquer le monde ’ : tout s’opère et s’explique par l'enchaînement nécessaire des causes et des effets, par les poids et les contre-poids de la nature. Le monde est un pur méc tnisine, et ce qui semble une loi naturelle n’est qu’un jeu de hasard*; l’espace n’est que le rapport de distance des corps entre eux*; le temps, le rapport des événements*. Eu métaphysique, tout e«t relatif7, et le

1. Cicéron, Tuscul, I. 10: « Aristoxcnus musicus idemque philoso-

■ phns (anima -n) ipsius corporis intentionem quamdam velut in cantu

■ et fidibus, quæ hannonia dicitur, sic ex corporis totius natura et fi-

• gura varios motus cieri, tanquam in c.ntu sonos dicit

2. Cicéron, de la Nature des dieux, I, 13 : « Strato. is qui physicus

• appellatur, omnt m vim divinam in natura sitam esse censet, quæ

• causas gignendi, augendi et minuendi babeat, sed careat omni

• sensu. »

3. Cicéron, Àcadém., VI, 38 : « Lampsacenus Strato negatoperadeo-

• rum se uti ad fabricandum mundum; quæcumque autem sunt docet

■ omnia esse effecta naturæ, et quidquid aut sit aut fiat naturalibus

■ fieri aut factum esse docet ponderibus et motibus. »

4. Plutarque, contre Colotès'. « Straton, le coryphée du Lycée, twv i\\un iripmon)Ti*û» «opvçaiÔTaToc, prétend tôv xôap,ov où ÇtSov eîvon, t4 3c xazi «ùot» Ineoiai tü xazà tù/t)v.

5. Slobée, Eclog Phys-, livre I", élition Heercn, p. 380: T6*ov il îtvai rà gsTàtu Siatmoga toü ctcpttyovTo; *»l roü itcpit^ogcvou.

6. Ibid. : to iv tal; itpà{eoi itoaov. Simplicius, sur la Physique d'Aristote, liv. IV.

Page 1