Sextus, VIII
vrai et le faux se réduisent à de purs mots. Pour la morale1 * 3 *, Straton s’en était peu occupé. Enfin, dans un commentaire inédit d'Olympiodore sur le Phédon, qui est à la Bibliothèque impériale de Paris, on trouve une polémique de ce même Olympiodore en faveur de l’immortalité de l’âme contre Straton le physicien Là on voit que Straton avait ouvertement combattu les principaux arguments du grand dialogue platonicien *. Le peu de moralistes que renferme la liste des successeurs immédiats d’Aristote et de Théophraste ne sont que des rhéteurs sensualistes5. Voilà où le Lycée était tombé un siècle après la mort d'Aristote.
Trois siècles avant l’ère chrétienne, les deux écoles péripatéticienne et platonicienne, abaissées et dégénérées, sont remplacées par deux autres écoles qui reprennent en sous-œuvre la querelle du péripatétisme et du platonisme. Je veux parler de l’épicuréisme et du stoïcisme. Mais ici se présente un phénomène qu’il importe de vous signaler : nous allons assister au démembrement de la philosophie grecque. L’école ionienne et l’école pythagoricienne s'étaient particulièrement occupées du monde extérieur, et la philosophie n’avait guère été d'abord que l’étude de la nature. Socrate lui donna pour fondement l’étude de l'homme. Aristote et Platon, tout en restant fidèles à l'esprit de Socrate et en partant de l’humanité, étaient arrivés à un système complet qui comprenait à la fois