‹ Histoire générale de la philosophieChapitre 59 sur 143 · Plutarque, Contre les Stoïcien · texte numérisé non relu

Plutarque, Contre les Stoïcien

monde. Ces lois sont immuables comme la raison dont elles viennent; de là le destin des stoïciens; mais ce destin n’est que l'application de la raison éternelle au monde1 2 3, il est l’image extérieure de la providence. Telle est la vraie théodicée du stoïcisme. S’il se rencontre dans cette école plus d’une trace même grossière de sensualisme et de matérialisme.1, qui rapproche tristement la doctrine stoïcienne de celle d’Épicure dans la décadence générale de la philosophie, il est impossible d'y méconnaître, à diverses époques, et selon les philosophes souvent très-diflérents qui la représentent, un théisme un peu'équivoque, il est vrai, et se produisant quelquefois sous l'apparence du panthéisme, jusque dans l'hymne de Cleanthe et dans Marc-Aurèlq lui-même, mais épuré, accompli, manifeste dans cet autre Socrate qu’on appelle Épictète*.

11 y a une intelligence bienfaisante à laquelle appartient l’empire, to X&Yumxèv, to ^yti.uiOŸIX°v, qui est dans le monde par les lois qu’il y a mises; ainsi ce monde, au moins dans sa forme et dans son ordonnance, est bien fait; il est beau, il est immortel, il est raisonnable, et il faut se conformer à ses lois comme à celles de la raison et de Dieu.

Puisque la raison est le fond de l’humanité, de la nature, de Dieu même, il s’ensuit que la loi morale qui

1. Diog., Vit, 1, § 74 : ’EitI ôè iluafiuvri tiùv êXwv aWa dpOTtpévr, r,

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