‹ Histoire générale de la philosophieChapitre 61 sur 143 · Êpicure, né 337 ans avant J. -C.; Zénon · texte numérisé non relu

Êpicure, né 337 ans avant J. -C.; Zénon

Liste des épicuriens.

Métrodore.

Timocrate.

Colotès.

Polyænus.

Hermachus.

Apolludore.

Zénon de Sidon.

Diogène de Tarse.

Diogène de Séleucie.

Phèdre et Ptiüodème de Gadara

Liste des stoïciens.

Cléanthe, (lor. -.'64 avant J.-C.

Chrysippe, mort en 208.

Zénon de Tarse, (lor. 212.

Panætus, (lor. lia.

Posidon.us, m. 50.

Sénèque, m. 50 ans après J.-C.

Cornutus et Mu^onius, exilés, 66.

Epictète, flor. 90.

Arrien, flor. 134.

Marc-Aurèle, 161.

qui a déshonoré l’Empire, avec des saillies de vertu sublime, mais outrée dans les Helvidius et les Thraséas. Je demande s’il était possible que l’esprit humain s’arrêtâtà l’une ou à l’autre de ces deux doctrines, et que du sein des combats quelles se livraient ne sortit pas le scepticisme? Il en est sorti, en effet, et de toutes parts. Il vint d’abord de l’idéalisme, de la nouvelle Académie.

La nouvelle Académie e^t sceptique; et cependant elle succédait à l’Académie platonicienne fort opposée au scepticisme. Mais elle avait reçu de Platon l’ironie socratique, c’est-à-dire la prudence du sage qui sait douter et s’arrêter, avec l’art du dialecticien qui pousse l’adversaire à ruiner lui-même st-s principes par les conséquences qu’il le force d’en tirer. Je vous l’ai dit : Socrate et Platon, si dogmatiques sur certains point', sont très circonspects sur d’autres ; ils abondent en doutes et en réserves, et ils se complaisent dans la réfutation par l’absurde. Leurs successeurs purent donner à l’ironie une fausse apparence. Et puis, l’école naissante avait fort exagéré le spiritualisme du maître, comme nous l’avons vu, et pour î 'être trop avancée, elle fut bientôt forcée de re uler, et de se retrancher dans une viv e polémique contre les deux dogmatismes d Épicure et de Zénon. C’est ainsi du moins que parait s’être formé le caractère sceptique que présente la nouvelle Académie. Elle n’alla pourtant pas jusqu’au scepticisme universel, ce qui eût atteint jusqu’au platonisme. Arcésilas se borne à combattre le dogmatisme des stoïciens ; il combat, par exemple, le principe stoïque, que l’image, f<xvTa<j(ua, qui naît de la sensation est conforme à son objet; polémique depuis bien souvent renouvelée, et par Carnéade qui en fit une des

bases du scepticisme académique, et dans la philosophie moderne par Berkeley, Hume et l’école écossaise. Il reprit aussi la manière d'enseigner de Socrate : au lieu d’exposer une doctrine, il invitait ses élèves à dire euxmêmes ce qu'ils pensaient, et il se chargeait de les redresser en argumentant contre eux’. Carnéade, un des hommes les plus habiles de la nouvelle Académie, épuisa toutes ses forces contre Chrysippe. Il a dit luiméme : « Si Chrysippe n'était pas né, il n’y aurait pas eu de Carnéade. » Son scepticisme se réduit au probabilisme, to iriTavoy , c’est-à-dire à un dogmatisme trèsaffaibli. Quelques années après lui, Philon de Larisse, contemporain et ami de Cicéron *, commence à laisser paraître le dogmatisme caché de l'Aca iémie. Il dit assez ingénieusement que le vrai académicien ressemble à un sage médecin qui, appelé près d’un malade (et ce malade, c'est ici le pauvre esprit humain), commence par lui parler avec vivacité de sa maladie (discours sur la faiblesse de l’esprit humain et l’incertitude des opinions), combat ensuite à outrance l’avis de ses confrères les médecins avec lesquels il consulte (polémique contre l’épicuréisme et le stoïcisme), et finit aussi par donner son avis (conclusion dogmatique de cet apparent scepticisme)9.

1. Citféron, de Finibus, 11. I : « Arcesilaus morem socraticum revo- « cavit, inslituitque ut ii qui se audire vellent, non de se quærerent, « sed ipsi dicerent quid scntiant , ilic aulem contra. »

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