Sextus, ibid., U
de tous les systèmes ; 5° le cercle vicieux auquel est presque ordinairement condamnée la démonstration. Mais le dernier et le plus considérable interprète de l'école sceptique est Sextus, de Mitylène, médecin empirique, de là appelé Sextus Empiricus. C’est une bonne fortune que ie monument qu'il avait élevé au scepticisme ait échappé au temps. Nous le possédons tout entier. Il peut fort bien remplacer tous les écrits d’Ænésidème et d'Agrippa qui ont péri, et il contient un système parfaitement lié dans toutes ses parties. Le procédé fondamental du sceuticisme, selon Sextus, consiste à mettre aux prises les idées sensibles et les conceptions de l’esprit, alin d’arriver parcettecontradiction à une égale négation de l'idéalisme et du sensualisme, et à la suspension absolue de tout jugement. Sa maxime favorite était : Ni ceci ni cela, pas plus l’un que l’autre, Oùèlv p3XXov‘.
Le scepticisme condamnait donc l’esprit humain à l’immobilité. Mais l’esprit humain ne se résigne pas au suicide; pour l’esprit, exister, c’est agir, c’est juger, c’est penser, et par conséquent c’est croire. Le besoin de penser et de croire subsistait; seulement il ne s’accommodait plus des anciens systèmes. Lequel de ces systèmes pouvait en effet le séduire ? Ce n’était pas le sensualisme épicurien, car le stoïcisme l’avait décrié; ce n’était pas l’idéalisme stoïque, car l’épicuréisme l’avait décrié à son tour ; le scepticisme les avait ruinés l’un et l’autre, et en môme temps il s’était ruiné lui même. L’esprit humain appelait donc une philosophie
1. Sextus florissait deux siècles après Jésus Christ. L'édition classi que de ses ouvrages est celle de Kabricius, in-folio, Lipsiæ, 1118.
nouvelle que le scepticisme n’eùt pas encore ébranlée.
Tous les procédés philosophiques jusqu’alors employés supposent une certaine confiance soit dans les sens, soit dans la raison humaine. Mais la raison et la sensibilité ayant été convaincues d’impuissance, il fallait bien rechercher s’il n’y avait pas dans l’homme une autre force, jusque-là inconnue ou trop négligée, qui sans le secours de l’abstraction qui souvent se dissipe en chimères, ni de l’empirisme qui nous retient dans une sphère inférieure et bornée, atteigne directement la vérité, et avec elle le principe de toute vérité, son principe absolu et réel, c’est-à-dire Dieu Le seul moyen nouveau de connaître, laissé à l’esprit humain, était le mysticisme.
L’histoire de la philosophie grecque devait avoir et elle a eu un dernier moment illustre. Une première époque avait été presque entièrementconsacrée à la philosophie naturelle ; une seconde, avec Socrate, PI iton, Aristote et leurs successeurs, avait été remplie par une philosophie qui, sans oublier ni l’univers ni Dieu, avait surtout un caractère moral et humain ; la troisième et dernière époque a été celle de la philosophie religieuse. Ainsi, les trois grandes époques de la philosophie grecque parcourent et éclairent successivement les trois grands objets de la science philosophique : la nature, l’homme, Dieu.
L’esprit de la dernière époque s’explique aussi par des causes extérieures que je me bornerai à vous rappeler. Nous sommes arrivés au second siècle de l’ère chrétienne. Alors où en était la société civile? où en était la littérature ? où en était l'art? où en était
QUATRlàUB LEÇON.
toute la civilisation antique? La liberté grecque était finie sans retour; la puissance romaine, à peu près achevée, commençait & se dévorer elle-même, et l'âme, abandonnée par tous les grands intérêts pratiques de l'existence, tombait à la merci des caprices d'un oisif égoïsme. De là dans le grand nombre les bassesses de l'épicuréisme, et dans quelques solitaires la folie sublime du stoïcisme ; dans les arts et dans les lettres, l’absence de toute vraie grandeur et de toute naïveté ; partout le besoin d’émotions nouvelles, partout la recherche de raffinements inouis. En un tel monde il n’y avait plus rien de grand à entreprendre, et le seul asile de l’âme était réellement le monde invisible : il était bien naturel de quitter la terre ainsi faite pour le ciel, et une pareille société pour le commerce de Dieu.
Ajoutez les relations de jour en jour plus fréquentes de la Grèce avec l’Orient. L’esprit grec, en touchant l'esprit oriental, s’était empreint en toutes choses, et dans l’art comme dans la philosophie, d’une couleur mystique jusqu’alors inconnue.
Aussi commencent à paraître de toutes parts des sectes et des écoles à moitié philosophiques, à moitié religieuses, qui toutes ont pour procédé non plus l’expérience, non plus l’analyse, non plus la dialectique, mais l'inspiration, l’enthousiasme, l'illumination. De là presque en même temps et Philon1 2 et le gnosticisme*
1. Philon, savant juif, ne quelques années avant Jésus-Christ, et qui vivait h Alexandrie au premier siècle de notre ère, est le premier auteur célèbre de ce mélange qui était dans toutes les nécessités du temps. On pourrait dire que c’est un philosophe alexandrin venu avant l’école d’Alexandrie.
2. rvûeiç, connaissance par excellence, c’est-à-dire connaissance de l’Être divin. La Gnose contient des éléments de toutes sortes, grecs,
et la cabale', dont le commun caractère est uu mélange sans critique de la philosophie grecque et d'assez
vagues traditions orientales, mélange où se rencontraient ensemble Platon, Moïse et Zoroastre, le théisme et le panthéisme, la doctrine de la création etcelle de l’émanation. Mais je me hâte d’arriver à l’école qui représente le mysticisme régulier et scientifique de cette époque, je veux dire l’école d’Alexandrie.
Les Alexandrins sont les fidèles interprètes du génie de leur temps. Comme Philon, les gnostiques et la cabale, leur prétention est d’unir tout ce qu’ils connaissent de bon, et d’en former un tout harmonieux qu’ils
juifs, persans. Elle est différente de 1a doctrine de Philon et de la cabale, mais elle y tient. Elle compte des sectateurs de divers pays et de divers culies. Simon le Magicien, Ménandre le Samaritain et Cérinthe sont des Juifs du premier siècle. Saturninus, Basilides, Carpocrate et Valentin, Marcion, Cerdon, Uardesanes, presque tous Syriens, sont du deuxième siècle, et le Persan Mânes est du troisième.
1. La cabale est toute juive. Scs fondateurs ou du moins ses plus célèbres interprètes, semblent avoir été Akiba, mort 138 ans après notre ère, et son disciple Simeon Ben-Iochai, surnommé Yetincelle de „ Moite. Voyez l'ouvrage de M. Franck, La Kabbale, ou la Philosophie religieuse des Hébreux , Paris, 1843.- La conclusion de cet excellent travail, dont nous souhaitons ardemment la suite, est que, malgré bien des ressemblances et malgré des contacts certains, la Cabale n'est exclusivement ni une imitation de la philosophie de Platon, ni une imitation de l'école d'Alexandrie, ni l'oeuvre de Philon, ni encore bien moins un emprunt fait au christianisme, mais une tradition hébraïque, née vraisemblablement au temps de la captivité de Babylone, et qui s’est successivement agrandie et développée dans le commerce constant de la Judée avec la Perse. Elle oiïre de nombreux et frappants rapports avec le Zend-Avesta et la théologie des anciens Parses. On voit combien en cela elle ressemble à la tinosc, dont elle diffère par d'autres côtés. Composée en très-grande partie d'élements étrangers, qui tendaient à se rapprocher tous les jours davantage, la Cabale n'est point une doctrine originale et nationale ; c’est, comme nous l'avons dit tout à l'heure de l’œuvre de Philon, un de ces mélanges qui sortaient de toutes parts des besoins du temps et se produisaient sous une forme ou sous une autre.
puissent opposer à la religion nouvelle. Ils sont ouvertement éclectiques ; le nom même vient d’eux. On les a accusés de n’avoir abouti qu’au syncrétisme. On peut aussi, et avec plus de raison, leur adresser le reproche opposé, celui d’une partialité systématique, contraire à un éclectisme véritable. Placée entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe, il était bien naturel qu’Alexandrie voulût «unir l’esprit oriental et l’esprit grec ; mais dans cette union ce qui domine est l’esprit oriental. Elle se proposa d’unir toutes les parties de la philosophie grecque, mais plus d’une partie essentielle de cette philosophie est sacrifiée, par exemple, tout scepticisme, si modéré qu’il puisse être; or, là où il n’y a pas une certaine dose de sage scepticisme et où le doute socratique ne surveille pas les démarches ambitieuses de l’eâprit humain, n’attendez qu’un dogmatisme intempérant. L’école d’Alexandrie entreprit de concilier Platon et Aristote, mais cVst du côté de Platon qu’elle incline, et elle y incline si bien qu’elle y tombe. Elle a été trèsjustement appelée la nouvelle école platonicienne ; et faute de contrepoids suffisants, l’idéalisme néoplatonicien devait être entraîné infailliblement au mysticisme.
Le mysticisme, c’est là le caractère véritable de l'école d'Alexandrie, c’est là même ce qui lui donne un rang élevé et original dans l’histoire de la philosophie.
Puisque l’école d’Alexandrie est une école mystique, la théodicée doit y jouer le principal rôle. Examinons donc cette théodicée, ou du moins marquons-en les traits essentiels, ses principes et ses conséquences les plus caractéristiques.
Le Dieu des Alexandrins est une trinité, visible imitation de la trinité chrétienne, qui déjà se répandait dans le monde, mais imitation trompeuse, qui diffère essentiellement de son sublime modèle et lui est profondément inférieure.
Dieu est avant tout, pour les Alexandrins, l'unité, l’unité absolue; cette absolue unité est son essence ; elle constitue le Bien encore plus que le Bien ne la constitue ; Dieu est aussi l’intelligence ; tnlin il est un principe actif et vivant, capable de produire et de créer. Voilà la trinité alexandrine : Dieu en soi comme absolue unité, Dieucomme intelligence, Dieu comme puissance.
L’erreur fondamentale de cette trinité est que les trois termes dont elle se compose, les trois hypostases, pour parler la langue de l’école d’Alexandrie, ne sont point égales entre elles, qu elles ne sont ni consubstantielles ni contemporaines, et que la première précède et domine les deux autres.
L’école d’Alexandrie place dans sa trinité, au-dessus de l’intelligence, l’absolue unité qui, pour être et demeurer absolue, est nécessairement supposée, ne fûtce qu’un moment, sans intelligence, adn d’être sans division.
Mais d’abord qu’est-ce que l’unité absolue sans intelligence et par conséquent ne se connaissant pas ? Une unité toute abstraite. Est-ce là Dieu 1 que nous sommes loin du Dieu de Platon et de celui d’Aristote 1 Aristote et Platon ne mettent rien avant le Noue; le Nofc leur est le premier principe, tô izpo-.i pov ; et ils mettent dans le XÆ; ce sans quoi il ne serait pas, la conscience, la pensée de la pensée*. M iis à Alexandrie l’esprit grec a fait
1. Nous avons cent lu s i louvé. et nous tenons pour un point établi
place à l’esprit oriental ; l’intelligence est détrônée ; Dieu n’est plus ui e pensée que la pensée conçoive et adore; c’est une unité qui s’ignore et qui nous est incompréhensible, une abstraction indéfinissable, innommable, un pur néant.
Et puis, si l’intelligence n’est pas dans l’unité primitive, comment en viendra-t-elle. Si l’intelligence n’est pas première, elle ne sera jamais, elle ne peut plus être. Comment faire venir l’intelligence après l’unité absolue qui par elle-même ne la contient point et qui ne peut pas la produire ? Il en est de même de la puissance. Comment sortirait-elle de l’unité pure ?
Enfin, pourquoi l’intelligence est-elle au second rang dans la trinité alexandnne, et pourquoi la puissance au troisième! Dieu, comme unité, est donc supérieur à
qu'il n’y a point d'intelligence sans conscience. C’est là, avec la méthode psychologique, le premier principe de notre philosophie, qui la sépare de toute la philosophie allemande contemporaine et la rattache à la tradition française. Introduction a l’Histoibe de la philosophie, leç. V : « Le propre de l’intelligence n’est pas de pouvoir connaître, mais de connaître en effet. A quelle condition y a-t-il intelligence pour nous? H ne suffit pas qu’il y ait en nous un principe d’intelligence, il faut que ce principe s exerce, se développe, et se prenne lui-môme comme objet de son intelligence. C’est là connaître et se connaître, c’est là l’intelligence. L’intelligence sans conscience est la possibilité abstraite de 1 intelligence, ce n'est pas l’intelligence réelle. > Du Vrai, du Beau et du Bien, leç. 111 : « Une raison qui n’est pas mienne, qui, sou» le prétexte d’être universelle, infinie et absolue dans son essence, ne tombe pas sous la perception de ma conscience, est pour moi comme si elle n’était pas. Vouloir que la raison cesse entièrement d’être subjective, c’est vouloir une chose impossible à Dieu lui-même. Dieu lui-même ne peut connaître qu'en le sachant, avec s m intelligence, et avec la conscience de cette intelligence, etc.. Philosophie de Kant, Esquisse d’un système moral et politique, p. 3110 : « Examinez-vous au moment où vous pensez; de quelque manière et à quelque objet que vous pensiez, vous reconnaîtrez qu'alors que vous pensez, vous savez que vous pensez. Penser et savoir que vous pensez est pour vous uno seule et même chose. Que serait-ce que penser sans savoir que l'on pense? Essayez de le comprendre, vous n’y parviendrez pas. »
Dieu comme intelligence et comme puissance I d’où il suivrait que la puissance et l’action, l'intelligence et la pensée, sont au-dessous de l’unité. Voilà le principe qui, dans ses conséquences nécessaires, a perdu l’école d’Alexandrie. Non, il n’est pas vrai que l’u»*ité soit supérieure à l’intelligence et à la puissance, car que serait-ce qu’une unité inintelligente et impuissante? Non, il n’est pas vrai que l’unité soit supérieure à la dualité et à la multiplicité, quand la multiplicité et la dualité dérivent de l’unité et y demeurent unies. Qu’est-ce en effet que la dualité et la multiplicité dérivant de l’unité, sinon la manifestation de l’unité, c’està-dire l’unité elle-même? Une unité qui ne se développerait pas ne serait qu’une unité abstraite. Ou l’unité est purement abstraite, et alors elle est comme si elle n’élait pas ; ou elle est réelle et virante, et elle porte avec elle la dualité et la multiplicité. La variété sort de.la vraie unité; elle ne la dissout pas, elle la fait paraître. Mais pour arriver à cette conception achevée de l’unité divine, il fallait à la philosophie le christianisme, les grands docteurs de l’Église, et au dix-septième siècle Leibniz et Bossuet’.
La psychologie des Alexandrins est appropriée à leur métaphysique. Ils admettent dans la connaissance humaine différents degrés: 1° la connaissance sensible; 2* la connaissance des opérations de l’àme ; 3° celle que
1. Leibniz, jeune encore, a écrit en 1671 une très-remarquable dissertation intitulée : Sacrotancla Trinilas per nota inventa logicæ defensa, Bossuet, dans ses Élévation* sur les Mystères, a donné une explication philosophique de la trinité chrétienne qui compose une théodicée profonde ; et cette théodicée il l’a mise jusque dans le catéchisme de Meaux, destiné & des enfants, il est vrai, mais & des enfants chrétiens.
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donne l’emploi de l’analyse et de la synthèse; 4° la connaissance des vérités premières, des principes; 5° enfin une opération de l’âme qui est en psychologie ce qu’est en théodicée l’unité de Dieu placée au-dessus de l’intelligence, à savoir, la capacité de s’élever aussi au-dessus de l’intelligence. Mais comment s’élève-t-on au-dessus de l’intelligence ? Par un moyen que les Alexandrins appellent la simplification, Stiktoau, c’està-dire la réduction de l’âme à l'unité. Et quelle opération nous fait arriver à cette simplification, à cette réduction de l’âme à l’unité ? L’extase, ExeTasn1. Vous le voyez, la philosophie grecque est rentrée dans les voies du mysticisme oriental*.
Telle est la psychologie des Alexandrins; elle vient de leur théodicée, et elle produit leur morale. Platon avait dit proton dément que l’homme doit tendre â ressembler à Dieu, et qu’il y ressemble, autant qu'il est en lui, par la pensée et par l’action vertueuse, conforme à l’idée du Bien ; car le Dieu de Platon est la substance même de cette idée qui est à la télé de toutes les autres. Voilà un Dieu intelligent et bon; aussi la morale platonicienne, quoique parfois un peu contemplative encore, recommande pourtant l’action et la science. Mais au lieu du Dieu de Platon, sujet et source des Idées, l’école d’Alexandrie rêve un Dieu dont le type
1. Ce mot n’exprimait d'abord que le changement d’une cause qui perd subitement ou violemment son état ordinaire. I! s’est dit ensuite de toute émotion physique ou morale qui enlevait le corps ou l’àme à leur état normal, et il s’appliquait surtout à la folie. Ce sont les Alexandrins qui les premiers font employé favorablement, pour pein dre le ravissement religieux, la folie sublime de l émc perdue dans l'unité divine.
2. Sur l’extase de la philosophie indienne, voyez plus haut, leç. U, Philosophie orientale, p. 72.
unique est l’unité absolue, un Dieu par conséquent auquel l'homme ne peut ressembler qu’en se faisant lui— même le plus possible absolument un : de là une morale et une religion ascétiques. Platon avait proposé la ressemblance de l’homme à Dieu ; c’était assez , ce semble; l'école d’Alexandrie propose l’unification de l’homme avec Dieu,' fvwatç, c’est à-dire la suppression de l’humanité; car si l’homme, en s’efforçant de ressembler à Dieu , s'élève au-dessus des conditions vulgaires de l’existence, il ne peut s’unir avec Dieu qu’en s’y absorbant, en s’abolissant lui-même.
Une fois le mysticisme arrivé à ce point, il est aisé de prévoir dans quels égarements il tombera. Déjà nous les avons signalés, lorsqu’autrefois, vous entretenant du mysticisme et rencontrant sur notre route celui d’Alexandrie, nous avons essayé de vous faire connaître la source de ses erreurs et leurs conséquences. Au risque de quelques répétitions, permettez-nous de remettre sous vos yeux ce passage d'une leçon déjà bien ancienne* :
« Le mysticisme brise en quelque sorte l’échelle qui nous élève jusqu’à la substance infinip : il considère cette substance toute seule , indépendamment de tout ce qui la manifeste, et il s’imagine posséder ainsi l’absolu pur, l’unité pure, l’être en soi. L’avantage que cherche ici le mysticisme, c’est de donner à la pensée un objet où il n’y ait nul mélange, nulle division, nulle multiplicité, où tout élément sensible et humain ait entièrement disparu. Mais pour obtenir cet avantage il en faut payer le prix. Il est un moyen tq;és simple de