Banquet, discours de Diotime, t. VI
soleil'. Notre raison, éclairée par la vraie science, peut apercevoir cette lumière des esprits; bien conduite, elle peut aller jusqu’à Dieu, et il n'est pas besoin pour y atteindre d’une faculté particulière et mystérieuse.
« Plotin s’est égaré en po issant à l’excès la dialectique platonicienne, et en l’étendant au delà du terme où elle doit s’arrêter. Dans Platon, elle se termine à l’Idée du Bien, et produit un dieu intelligent et bon; Plotin l’applique sans tin, et elle le mène dans l’abîme du mysticisme. Si toute vérité est dans le général, et si toute individualité estimperfetion, il en résulte que tant que nous pourrons généraliser, tant qu’il nous sera possible d’écarter quelque différence , d’exclure quelque détermination, nous ne serons pas au terme de la dialectique. Son objet dernier sera donc un principe sans aucune détermination. Elle n’épargnera pas en Dieu l’être lui-méme. En effet, si nous disons que Dieu est un être, à côté et au-dessus de l’être on peut mettre l’unité de laquelle l’être participe, et qu’on peut dégager pour la considérer seule. L’être ici n’est pas simple, puisqu’il est à la fois être et unité : l’unité seule est simple, car on ne peut remonter au delà. Et encore quand nous disons unité, nous la déterminons. La vraie unité absolue doit donc être quelque chose u’absolument indéterminé, qui n’est pas, à proprement parler, qui ne peut même se nommer, 1 innommable, comme dit Plotin. Ce principe, qui n’est pas, à plus forte raison ne peut pas penser, car toute pensée est encore bien plus une détermination, une manière d’être. Ainsi l’être et la pensée sont exclus de l’unité absolue. Si l’a-