‹ Histoire générale de la philosophieChapitre 73 sur 143 · Suidas, v. Ilpcodti;; Agatliias Hitt., II · texte numérisé non relu

Suidas, v. Ilpcodti;; Agatliias Hitt., II

s’était consumé à son tour, et il ne peut pas y avoir d’autres sytèmes que ceux-là. Le cercle des systèmes était donc parcouru; la philosophie grecque en est pour ainsi dire à son lit de mort : elle expire vers le sixième siècle. Pour qu’un autre mouvement philosophique recommence, il faut que du sein de la grande révolution qui emporte l’antiquité grecque et romaine, sorte un nouveau monde qui peu à peu enfante une nouvelle philosophie.

Caractère et origine de la philosophie du moyen âge : la scholastique. — Division de la scholastique en trois époques. — Première époque : la philosophie subordonnée à la théologie. Elle travaille sur l’Organum d’Aristote. Ses débuts; ses progrès. — Jean Scot. Saint Anselme. Abélard. Controverse sur la nature des universaux. Commencement d'une philosophie un peu plus libre. — Seconde époque ; alliance de la philosophie et de la théologie. C’est le beau temps de la scholastique : il est préparé par l'importation en Europe de la Physique et de la Métaphysique d’Aristote, par une certaine connaissance de la philosophie arabe et juive, et par la fondation de l’Université de Paris. — Mouvement philosophique extraordinaire â Paris au treizième siècle. Les ordres religieux dans l’enseignement et dans la philosophie. — École dominicaine : Albert et saint Thomas. — École franciscaine : saint Bonaventure, Duns Scot, Roger Bacon. — Lutte des deux écoles. Importance des ordres religieux au moyen âge. — Troisième époque. Naissance de l’indépendance philosophique. Renouvellement de la querelle du nominalisme et du réalisme. Occam. Ses partisans et ses adversaires. — Décri des deux systèmes et de la scholastique. Commencements de scepticisme qui aboutissent vite au mysticisme. — Tauler, Pétrarque, Raymond de Sebonde, Gerson. — Fin de la philosophie du moyen âge.

Nous avons vu constamment jusqu’ici, dans l’Inde et dans la Grèce, la philosophie sortir de la religion ; et en même temps nous avons vu qu’elle n’en sort pas immédiatement, et qu’elle traverse une époque en quelque sorte préparatoire, où elle essaye ses forces, réduite à l’emploi modeste d’ordonner et de régulariser des croyances qu’elle n’a pas faites, en attendant le mo-

ment où elle pourra chercher elle-même la vérité à ses risques et périls. La philosophie moderne présente le même spectacle. Elle est aussi précédée d’une époque qui lui sert d’introduction et pour ainsi dire de vestibule.

Comme le moyen âge est le berceau de la société iroderne, de môme la philosophie qui représente le moyen âge est le berceau de la philosophie moderne. Or, le moyen âge n’est pas autre chose dans l’ordre de l’esprit que le règne absolu de la religion chrétienne et de l’Église. La philosophie du moyen âge ne pouvait donc être autre chose que le travail de la pensée au service de la foi régnante et sous la surveillance de l’autorité ecclésiastique.

Voilà certes un emploi bien borné, des limites bien étroites. Eh bien 1 là encore la philosophie est la philosophie ; et à peine avec le temps s’est-elle un peu fortifiée, qu’elle reprend son allure naturelle, sa marche ordinaire, et, suivant ses immortels instincts, reproduit successivement les quatre grands systèmes qu’elle a déjà produits et dans l’Inde et dans la Grèce.

A mesure qu’on avance dans l’histoire de l’humanité, la chronologie s’éclaircit et se fixe. Dans l’Inde, faute d'une chronologie certaine, nous n’avons pas osé établir les dates relatives des systèmes, et affirmer quand a paru précisément l’école qui correspond le mieux en Orient à la philosophie du moyen âge, à savoir la Mimansa *. L’induction nous porte à croire que la Mimansa a dû précéder le Sankhya ; cependant dans cette Inde où tout

Page 1