Opp., 1 vol. in-fol
2. Monologium. — • Pr.rfnlio.... Quæcumque autem ibi diil, sub persona secum sola cogitatione dispuiantis et investigantis ea quæ prius non animadvertisset, prolata sunt.... Quæ de Deo ntcessario credimus, palet quia ea ipsa quislibet, si vel mediocris ingenii fuerit, sola ratione sibiraetipsi magna ex parte persuadere possit. Hoc quurn multis modis fieri possit, mcum modum hic ponam, quem æstimo cuique homini esse aptissimum. . Ce mode consiste à tirer toutes les vérités théologiques de la seule essence de Dieu, et l'essence de Dieu de l’idéal unique de beauté, de bonté, de grandeur que tous les hommes possèdent et qui est la mesure commune de tout ce qui est beau, bon, grand. Cet idéal doit exister, puisqu'il est la forme nécessaire de tout ce qui est. De là saint Anselme déduit en soixante-dix-neuf chapitres les attributs de Dieu, la Trinité, la création, la relation de l'b 'mrae à Dieu, enfin toute la théologie.
3. Proslogium. — « Proosmium. Postquam opusculum quoddam velut exemplum meditandi de ratione fidei, cogentibus me precibus quorumdam fratrum, in persona ahcujus tacite secum ratiocinando quæ nesciat investigantis, edidi, considerans illud esse mullorum concatenatione conteilutn argumentorum, cœpi mecum quaerere si forte posset invenin unum argumentum quod nullo alio ad se probandum quam se solo indigeret.... » Cet unique argument est celui du Monologium resserré. Le plus insensé athée, insipiem , a dans la peusée l'idée d'un bien souverain au-dessus duquel il n’en peut con-
nom de saint Anselme est attaché à l’argument qui de la seule idée d’un maximum absolu de grandeur, de beauté et de bonté, tire la démonstration de l’existence de son objet, lequel ne peut être que Dieu. Sans citer saint Anselme, que très-probablement il ne connaissait pas. Descartes un jour reprendra cet argumtnt dans les Méditations , lorsque, sur la simple idée d'un être parfait, il établira la nécessité de l’existence de cet être 4.
Dans cette revue rapide, comment passer sous silence le fameux, le hardi, l’infortuné Abélard ? Né à Palais, près Nant-s, en 1079, il mourut en 1142, à Chalon-sur-Saône, au milieu d’un voyage entrepris pour aller plaider lui-même sa cause devant le pape. Dès qu’il était venu de Bretagne à Paris, dans les premiers jours du douzième siècle, il avait jeté un grand éclat comme dialecticien, grâce surtout au parti qu’il prit dans la célèbre controverse du nominalisme et du réalisme. La controverse était ancienne : elle remontait à Platon et à Aristote; elle partagea l’école plato-
eevoir un autre. Ce souverain bien ne peut exister seulement dans ta pensée, car, en ce cas, la pensée pourrait le concevoir comme n’eiistant pas. Elle ne le peut, donc ce souverain bien existe hors de la pensée, donc Dieu existe. Le Protlogium se compose de vingt-six petits chapitres ; il a pour texte ce passage : Dixit insipiens in corde suo: Son est Deux. Un moine de Marmoutier, Gaunillon, combattit l’argument de saint Anselme dans un petit écrit sous ce titre: Liber pro insipiente. Anselme y répondit dans son Liber apologeticus contra Gaunillonem. — Nous avons exposé plus au long la doctrine de saint Anselme, surtout eu ce qui concerne le nominalisme et le réalisme, Fragments de philosophie nu moyen âge, p. 100 et suiv. Voyex la traduction des deux écrits de saint Anselme, de celui de Gaunillon et de la réponse de saint Anselme, par M. Bouchitté, du nationalisme chrétien d la /in du oniiéme Siècle, in-8-, 1842 ; et Saint Anselme de Canlorbéry, par M. de Kémusat, liv. Il*, Doctrines de saint Anselme, in-8‘, 1833.