‹ Histoire générale de la philosophieChapitre 78 sur 143 · Du Boulay, ibid., p. 25 et p. 48 et · texte numérisé non relu

Du Boulay, ibid., p. 25 et p. 48 et

élait Breton comme Abélard, et de la petite ville de Dinant ; son livre avait pour titre Quatemuli. C’est le décret précité qui nous apprend tout cela. On ne se borna pas à condamner au feu les Quatemuli, on déclara hérétique tout étudiant chez lequel on les trouverait. Nul doute qu’Amaury et David n’eussent été énivrés et égarés par ce premier et redoutable commerce avec Aristote et ses commentateurs1 2 3 : de là cet article du décret : « Nec libri Aristotelis de naturali philosophia nec commenta legantur Parisiis publiée velsecreto, et hoc sub pœna excommunicationis inhibemus*. » Il parait bien que les nouveaux et grands sujets qu’agitaient librement les ouvrages condamnés étaient devenus à la mode et passionnaient les esprits, puisque, bannis de l’enseignement public, ces ouvrages avaient suscité des conférences particulières qui se tenaient dans l’ombre, et qu’on était forcé de les poursuivre jusque là. En sorte que sept ans après le décret da 1209, il fallut le renouveler en termes plus exprès et plus étendus : « Non legantur , dit en 1215 le cardinal-legat Robert de Courçon’, libri Aristotelis de metaphysica et naturali philosophia , nec summa de iisdem, aul de doctrina magistri David de Dinant, aul Almarici hxretici , aul Mauritii Ilispani. Il y avait donc à Paris des abrégés de la métaphysique et de la physique d’Aristote qui servaient en

1. C’est ce qui se voit clairement par les réfutations mêmes qu’en ont données saint Thomas et Gerson. — 11 serait curieux de rechercher avec soin les moindres vestiges des opinions philosophiques et théologiques de ces deux intéressantes victimes du péripatétisme arabe , et d’en composer une monographie spéciale.

2. Martène, Thésaurus nnvut Anecdotorum, t. IV, p. 166. Tout lo décret mérite d'être étudié pour les documents qu’il contieat.

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