Plus haut, leçon IV, p
cole écossaise *. Le résultat de toute cette polémique fut d’appeler l’attention sur les mots qui sont le vrai intermédiaire entre l’esprit et les choses, selon les nominalistes, opinion qui depuis a fait fortune. De là enfin cette règle générale, cet axiome qui n’appartient peut-être pas à Occam, mais qu’il a invoqué plus souvent qu’aucun autre philosophe de la même époque : Il ne faut pas multiplier les êtres sans nécessité, Enlia non sunl mulliplicanda præter necessuatem. Frustra fit per plura quod fieripotest per pauciora.
Voilà le bon côté d’Occam ; ses autres mérites sont loin d’être aussi purs. S’il a eu raison d’établir qu’il n’y a pas d’aperception directe de l'essence divine, qu’on ne connaît Dieu que par ses attributs, la sagesse, la bonté, la puissance1 2, etc., on peut lui reprocher une erreur qui a été féconde en fort tristes conséquences. De ce qu’on n’arrive aux substances que par leurs attributs, Occam en conclut qu’on ne peut avoir aucune idée de la nature des substances. Ainsi, selon lui, de même qu’on ne connaît Dieu que par ses attributs, de môme on ne connaît l’âme que par ses qualités; on peut observer ces qualités et s’en rendre compte; mais quant à la substance de l’âme, comme on ne la perçoit pas directement, il n’est pas aisé de dire quelle elle est; il n’est pas aisé, par exemple, de prouver qu’elle est