Philosophie écossaise, leçon I
2. « Essenlia divins potest a nobis cognosci in atiquibus concepti-
• bus qui de Deo verificantur, ut dum, exempli gratia, cognoscimus
• quid sit sapientia, justitia, charitas, etc.; liceU enim hi conceptus
• dicant aliquid Dei, nujlus tamen realiter dicit quod est Deus; scd
• dum caremus conceptu Dei proprio, quod ipsum intuitive non vide-
• mus, attribuimus ipsi quidquid Deo potest attribui, eosque concep-
• tus prædicamus, non pro se, sed pro Deo, etc. • in Magist. Sententiarum, I, dist. in, vu, ut.
immortelle, car on ne peut pas même prouver qu’elle est immatérielle. On ne peut démontrer quel est le substratum, l’étre, l'agent qui réside sous ses qualités, et c’est peut-être un agent naturel et matériel : la foi seule est ici de mise. Cette théorie, empruntée à Duns Scot*, n’est-elle pas déjà au quatorzième siècle la théorie célèbre de Locke’? D’ailleurs, rien de plus faux que ce raisonnement si vanté. En effet, si 'on ne connaît les substances que par leurs attributs, on les connaît sûrement parleurs attributs : par conséquent, étant donné un attribut d’un certain caractère, on ne le peut rapporter à une substance d’une nature opposée au caractère de cet attribut; par conséquent enGn, étantdonnée la pensée , c’est-à-dire ce qu’il y a de plus simple , comme attribut fondamental de la substance que nous pouvons être, par là est exclue une substance étendue et matérielle de la pensée. J’insiste là-dessus parce qu’il ne serait pas impossible que, sous un faux air de méthode et de circonspection, la philosophie moderne, qui n’est pas très-loin du nominalisme , ne prétendît aussi que la question des substances, et à sa suite celle du principe matériel ou immatériel des phénomènes de la pensée, est sans importance, et que ce qui importe seulement est l’observation des phénomènes. Oui, sans doute, l’observation des phénomènes intellectuels im-
1. Voyez plus haut, p. 247. Occatn, Quodlibeta, I, q. 10 : ■ Quod ilia
• forma sit immaterialis, incorruptibilis ac indivisibilis, non potest « dcmonstrari net per etpcrientiam sciri. Kxperimur cnim quod in-
• tellipiruus et volumuset nolumus, et sioiiles actus in nobis habemus; « sed quod illi sint e forma immateriali et incorruptibili non experi-
• mur, et omnis ratio ad hujus probatiouem assumpta assuma aiiquod
• dubium. »