De Bologne, mort en
2. Tirobosciii, Sloria délia htteratura ilaliana, t. VU, p. 614 624, de l’édition de Milan.
esprit pénétrant et élevé, une âme noble et sincère. Ce n'était pas de gaieté de cœur, pour se distinguer des autres hommes et par ambition de gloire qu'il rejetait l»s opinions reçues, et qu’il expose dans ses ouvrages tant de doutes sur l’immortalité de l’âme, la lib. rté humaine, la Providence; non, ces doutes lui pèsent et l’affligent, «lui rongentl’âme, lui ôtent le sommeil, le rendent fou », et avec son ardent désir de savoir et les continuels tourments que ce désir non satisfait lui cause, il se compare en ce monde à Prométhée sur le Caucase; il est touchant de lui voir peindre le philosophe dévoré par le besoin de savoir comme par un vautour, ne pouvant ni manger, ni boire, ni dormir, objet de dérision pour la sottise, de scandale pour le peuple, d’ombrage et de persécution pour l’autorité*.
1. « Ista igitur sunt quæ me premunt, quæ me angustiant, quæ me insomnem et insanum reddunt, ut vera sil interpretitio fabulæ Promethei, qui dum studet clam eripere igné n Jovi, eum relegavit Jupiter in rupe scythica in qua corde assidue pascit vulturem rodentem ejus cor. Promelheus vero est philosopiius qui, dum vull scire Dei arcana, perpetuis curis et cogitationibus roditur, non sitit, non famés. cit, non dormit, non comedit, non exspuit, ab omnibus irridetur, e tanquam stultus et sacrilèges habelur, ab inquisitoribus prosequitur, fit spectaculum vulgi. Hæc igitur sunt lucra pbilosophorum, hæc est eorum merces » De Fato, libero Arbririo et de Pradestinalione, lib. III, c. vil. — Le premier écrit de Pomponat est son Traité de l'immortalité de l'âme, qui parut en Lit 6. et souleva une telle tempête que l’auteur fut obligé d’en publier une apologie. Nous n'avons jamais vu les premières éditions de ces deux écrits; nous en connaissons seulement une réimpression dans un recueil des ouvrages de Pomponat fait à Venise, en 1525, un an après la mort de l’auteur, recueil in-fol., à deux colonnes, où se rencontrent plusieurs traités physiques et dialectiques qui ne sont jamais cités-, Tractatus aculissimi, utilùsimi et mere prripaletici, au milieu desquels se trouvent, fol. 41, le traitéde Immortalilate anima-, daté de 1516, et fol. 52 , l'd pologia en trois livres, datée de Bologne, 1517, avec une lettre de remerctmenl à la fois et de justification adressée à Bembo, premier secrétaire du pape,
L’école de Padoue produit encore d’autres professeurs moins originaux et moins intéressants, mais qui ontété dans leurs tempstrès-considérables, d’abord Alexandre 1 et François 1 Piccolomini, tous deux de l’illustre maison
datée aussi de Bologne, 1519, et une longue réponse aux accusations d’Auguslinus Nyphus, même lieu et même date. Depuis il a paru une autre édition du Tractatus de immnrtalitate anim.r, petit in-12, sans indication de lieu, et sous la date évidemment fausse de 1534. Enfin Bardili en a donné une nouvelle à Tubingen, in-8“, en 1191. — On possède encore deux autres ouvrages de Pomponat, composés tous deux en 1520, comme Pomponat lui-même le déclare à la fin de l’un et de l'autre, mais qui ne paraissent pas avoir été imprimés de son vivant et que nous trouvons seulement dans diverses éditions de Râle, dont la dernière et la meilleure est de 1 5t»7 : Pétri Pomponalii, philosophi et theolagi doclrina et ingenio pr.rslantissimi , Opéra. L’un de ces ouvrages est intitulé : De Naturalinm ejfecluum admirandis cauris teu incantatiombus liber. On y prouve que la sorcellerie est une fable, et qu'il n’y a dans les événements naturels que des causes naturelles; ce traité est un commencement de saine philosophie naturelle. Le second est le de fato, libero Arbilrio et Providenlia Dei, où il entasse doutes sur doutes sans arriver à aucune solution satisfaisante. Il donne celles que fournit la scolastique, en avouant que ce sout plutôt des illusions que de véritables réponses : Videntur patins esse illusioncs ist,v quant respontiones.
1. Né à Sienne en 1508, mort en 157R. Ses trois principaux ouvrages sont : 1* Instrumenta delta filosofia naturale, Rome, 1550, et réimprimé à Venise, in-4”, 1370. Il ne faut rêver ici rien de semblable à l’entreprise de Bacon : c'est tout simplement une logique, et une logique assez médiocre. 2* Filosofia naturale, en deux parties, dédiée au pape Jules III, Rome 1550, et réimprimée à Venise en 1576, comme l’/nstrimento. 3- Delta institution morale, en 12 liv., Venise in-4*, 1569, nouvelle rédaction d’un ouvrage de )i jeunesse de l’auteur, intitulé : Institution di lutta la lila de (’tiomo nobile, et®., Venise, 1545. Jaignez-y une paraphrase latine sur les Questions mécaniques d'Aristote, avec un petit tiaitô de Certitudine mathemalicar um disriplinarum, publiés ensemble à Rome, in-41’, 1547. Nous avons aussi un traité de la sphère et des étoiles fixes, de la Sfera dcl mimdo e de le stelle fisse, Venise, in-4", 1559, écrit dédié à une dame dont le savant archevêque célèbre avec effusion la beauté, l’esprit et la vertu; enfin une paraphrase pro!ixe»du second livre de la Hliélorique d'Aristote, imprimée en 1508, et réimprimée A Venise, in-4*, 1592.
2. François Piccolomini, parent d’Alexandre, né à Sienne en 1520, professeur d'abord à Pérouse, puis à Padoue, mort en 1604. Universa pltilosopliia de moribus, Venise, in-fol., 1583; réimprimée en 1596.
qui a donné à la papauté Pie II et Pie III, puis César Cremonini* et Jacques Zabarella1 2 3 4.
Bien au-dessus d'eux il faut mettre Andrea Césalpini, d’Arezzo, né en 1519, mort en 1603, quia laissé un assez grand nom dans la botanique, et qui dispute à Servet l’honneur de la première découverte de la circulation du saug. Il enseigna la médecine d’abord à Pise, puis k Rome même, dans le collège de la Sapience. Sa philosophie est un péripatétisme un peu averroiste. Comme Pomponat, il se moque des sorciers et des démons, il repousse toute intervention miraculeuse dans l’ordre de la nature*. Bayle*, qui n’est pas suspect, le donne comme un précurseur de Spinoza. La raison en est bien simple : c’est qu’en bien des points Césal pin i suit ses deux illustres confrères en médecine, Avicenne et Averroès. Il semble bien avoir reçu d’eux le dogme célèbre, tant combattu par saint Thomas, de l’unité de l’intelligence se diversi liant seulement par les ditlé-
1. Né à Cento, duché <le Modbne, en 1 .>52 , mort en 1630. Nous connaissons de lui Csetaris Cremonini Cenlensis, in schola patacina philosophi prim.r sedis, Disputalio in Ires parles divisa. Adjecla est Apologia diclorum Aristotehs, Veneliis, in-i*, 1613. — Tractalus 1res , prunus de sensibut esterais, secundus de sentibus in ternis, lerlius de facnltaie appetilita : opuscula haec revisil Troylus Lancet ta, auctoris discipulus, etc., Venetiis, 1644. — De Calido innalo et temine, prn Arislolele contra Calenum, Ludg. Ualavor., 1634, petit in-18. On cite encore d’autres ouvrages que nous u avons point vus.
2. Né à l'adoue, mort en 1589. Jacobi Zabarell», Palavinl, de llebut naluralibus, lib. XX, Colonie, 1594, in-4", plusieurs foisréimprimé. Commentant in Ires librns de anima, publiés 4 Padoue par son fils, en 1604, réimprimés à Francfort en 1608 et e:\ 1619. — Comm. in librns phijsicnrum, Francfort, 1602. Opéra loyica, etc., très-souvent reproduit.
3. D.rmnnum inrestigalio peripalelica, in-4", Venise, 1593, seconde édition, à la suite du livre célèbre : Andrcae Cesalpini Quaslionum peripalelicarum libri V,