Plus haut, p
3. Voyez Fragments de philosophie moderne, 1” Partie, lantiu ou la Phüotophie avant Detcartet, p. 1-99.
nomico-catholicum , adversus veteres philosophos , atheos, epicureos, peripateticos et stoicos; l’autre à Paris même, en 1616 : de Admirandis naluræ, reginæ deæque morlalium, arcanis, dialogorum inter Alexandrum et Julium Cesarem libri IV, cum approbations Facultatis sorbonicæ. Le premier ouvrage, comme son titre le fait assez voir, a de grandes prétentions à l’ortho <oxie. Il y a une démonstration de l’existence de Dieu différente de la démonstration péripatéticienne qui se tirait du mouvement et de la nécessité d’un premier moteur. Vanini rejette cette démonstration ; il n’admet que l’argument célèbre qui du fini conclut à l’infini par l’impossibilité de s'arrêter au fini *. L’argument est très-bon, mais seul il serait insuffisant En effet, si l’être fini suppose un être infini, il reste à savoir quel est cet être infini. La preuve par le mouvement étant écartée, cet être infini ne peut plus être la cause de rien, il n’est que la substance de tout; et celte substance infinie que tous les êtres finis supposent, mai9 qui ne les a point créés, ne peut avoir d’autres attributs que ceux qui se déduisent de son essence, de l’infinité, et rien de plus. Cependant si Vanini a tort de n’admettre que cette sorte d’argument, il l’admet, il n’est donc pas athée dans V Amphithéâtre. Mais dans son second ouvrage, où il prétend nous révéler les Secrets admirables de la nature, il désavoue bien des choses qu’il avait dites dans le pre- Jm.
1. Amphitheatrum, Eiercit. t : * Omnc ens vel finitum est aut infinitum : sed nullum est finitum a se; quocirca satis patet non per iuotum, ad modum Aristotelis, sed per primas entium partitiones a nabis cognosci Deum esse, et quidem necessaria démonstrations- Non alias esset æternum ens, et sic nitiil omnino esset; alioqui nihil esse est impossibile; ergo et æternum ens non esse pariter est impossibile. Ens igitur sternum esse adeoque Deum esse, necessarium est. »
tnier *. Il abonde toujours en protestations de soumission à l’Église, mais il se moque presque ouvertement du christianisme. Non-seulement il continue de nier que Dieu ait pu donner la première impulsion au monde, mais il rejette toute action de l'intelligence sur la matière. Il croit le monde éternel1 2 3 4 *. S’il y a du mouvement dans l’univers, il vient de l’essence même de la matière, non d’une volonté intelligente*. Quant à la question de l'immortalité de l’âme, il a fait vœu, dit-il, de ne s’en expliquer que quand il sera vieux, riche et Allemand*. Il n’y a pas de liberté, et la vertu et le vice dépendent du climat, du tempérament, du systèmed’alimentation *. Le seul plaisir est la fin de l’homme, et les premiers des plaisirs sont ceux de l’amour; de là des anecdotes et des peintures fort licencieuses. Vanini nous entretient de ses maîtresses"; il regrette de ne pas être un enfant de l’amour7, parce qu’il aurait plus de beauté, de force et d’esprit, et dans plus d’un endroit* on voit qu’il a pris sa part de la dépravation italienne au seizième siècle. L'auteur d’un pareil livre devint bientôt suspect à Toulouse. On lui imputa, non sans apparence, des mœurs infâmes; on l’accusa de tenir de secrets conciliabules où il répandait ses opinions parmi les jeunes gens des meilleures familles; on le déféra même au parlement, et malgré ses protestations
1. Dr Admirandit, etc. , p. 428 : <• Multa in hoc libro script» sunt quibus a me nulta præstatnr fides. Cosi va il mondo. >•
2. Ibid., p. 135 : • Kgo vero concluderem, si chrislianus non essem, mundi æternitatem. •
3. Ibid., p. 22 : « A sua forma, non ab intelligentiæ volunlatc moveri. »
4. Ibid., p. 492. — 5. Ibid., p. 348. — 6. Ibid., p. 159, et p. 298. —