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soudre à quitter les études , lorsque la Providence vint à son aide de la façon la plus inopinée. La fille du boui^mestre d'Eilfeld, femme de Conrad Gotta, avait remarqué la belle voix du jeune homme. Elle eut une profonde pitié de ses souffrances, et, du consentement de son mari, elle le reçut sous son toit et le traita comme son fils. C'était plus que Luther n'eût jamais osé espérer. Dès ce moment , libre de soucis , il se voua si ardemment à ses études qu'O y fit de rapides progrès, sans négliger toutefois la musique pour laquelle il eut, jusqu'à la fin de ses jours , une véritable passion. Luther n'oublia jamais sa généreuse bienfaitrice , et c'est à son propos quSl- avait coutume de dire : a Je ne connais rien de plus doux que le cœur d'une femme pieuse » •
En 1501, Luther, âgé de dix-huit ans, passa du collège d'Eisenach à l'Université d'Erfurt. Idocus y professait la philosophie scolastique avec un mérite distingué. A défaut d'études meilleures , celle-là n'était pas sans avantages ; mais elle était plus propre à dresser aux combats de l'école qu'à former le goût et à étendre les idées, en sorte que le naturel véhément du futur réformateur dut plutôt s'y empirer que s'y modérer. Plus tard , il ne pouvait parler tranquillement du genre d'études qu'on faisait à Erfurt. c Si Aristote, disait-il, n'avait pas été certainement un homme , je serais tenté de le prendre pour le diable en personne. > Mais notre étudiant ne s'en tint pas à Thomas d'Aquin et à Aristote , il lut avec le plus grand soin les principaux classiques, et il acquit par ses lectures un tel développement « que toute l'Université admirait son génie (1) >•
(1) MÉLAiiGBTON, Vie de Luther,
58 HISTOIRE DE Là AÉFOfillATION. LIV. I.
Pendant tout le eoiiirs 4e sa carrière secdaye, Luther se imaiitiie a neus comoie im Jeune honue sérieux, qui se livrait riégmlrèrement auxe&ercioesdeâéYotioa^ont se composait alors la {Âété^ Il ilevaii av^ir la crainte de Ddeu idufts le coeur , celui qui aimait à redire : m qui bien prie, bien travaille. ^^ Aussi rie commençait^il jamais lestétttdesde la journée sans avoir invoqué la bénédieCîo^ âe Dieu sur ^ses jeSorts. Il mafîchait k tâtons dans les (énèbf^s ; m^is c'était une âme intègre que le iSeigneui' i^e larda pas à éclairer.
Il airaiit une telle soif de CKiNimaissaiiiees qu'il âajt constamment à la l)ibUotàèque de l'Universké. Loo^emps ji y ^la sans Érouver Isl source pure des eauK «vivifiantes ; mais il plut à Dieu de tirer un bien iinmeiise de aeigoèt passionné que Iç jeune Radiant caanifojiJnit pour les livres. Un jour qu'il passait de vioLume en «r^dlume fu^ur se familiariser avec le nom de tous ces écrivains, fà. tombe sur un vieux livre latin qui frappe vivement sa x>uiiosî(té. C'était k Bible , eâ, comme le dit Merle «d'Aoiibif nç : M la Réformation était ^cacbée «dans «ette Biblcrlà • • Quel traît.de lumière pour Luther. B/uese^doutsiit]»^ de Texistence dexe U^re, pensant avec T^en À'^Mkre&qfêa la préivélation de Dieu reposait en entier (dans les liturgies de 4'Eglise. On eomp^rend la ji>i^ qu'il diA éprouver quand il découvrit oe trésor de la grâce (d|i Seigneur env^ers Be& enfants égarés. C'est maintenant qu'il va «posséder réelieniient la pensée de iDieu I c Son eœur d^at.en tensmt en ses aaaains toute cette foritiwe qui «est (divinement ins{ûrée. il parcouil avec avidJÉéet fmee des sentÂments lindicibles, toutes ces feuilles de Dieu. La première ipage sur laquelle il fixe son attention, lui raconte l'histoire d'Anne et du jeune Samuel. Il lit et p$iu]t ïi jp^e Kçfémr^tfmtfi la
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joie dent 61» âme est pénétrée. Cet enfant ^e ses pa* rents prêtent à l'Etemel pour tons les jours de m yle ; le cantique d'Anne, «où eMe déclare qme TEtemel élève le |MMii^re de ia poudre et tire l'indigent de la boue pour le fsÀve asseoir avec les prindpanx; ce jeune ^urçon Saimid jqiai .grandk dans le temple en la présence de i'£ternel (1); toute cette bistoire , toute cette parole qu'il a découverte y lai font éprouver quelque chose qu'il n'a jamais oonnu. il retourne chez lui le cœur plein. Oh ! pensaitil , H Dieu voulait une fois me donner en propre un Aei livre!
dllinevînt bientôt à la bibliothèque pour y netnouYer son trésor. Il lut et relut , et puis , dans soiîi étennement et sa joie, il i^evint lire encore. Les pnemières lueuns d^une vérité nouvelle se ietvaient ajors pour lui (2) » .
Après deux années d'étiiides à l'Uni veri^té, LuI)]mn* obtint le premier grade académique, oeiui de ibadieHer. Mais des travaux excessifs auxquels ï avaal dà se li(vrer, le firent tomber dans une naialadie d'où il ne crut point relever. <« Bientôt i» , disak-il à un vieux prêtre qui lui avait toujours témoigné beaucoup d'inbér'êt, < bientôt je serai rappelé de ce «onde. » « Non pas , > dit le vénérable ecçlésiasti<pie , t vous ne mourraz point maânte!nant. Ayez bon courage, mon cher bachdier, noire jDieu se servira de vous pour consoler bien des «mes , «car il charge de sa croix «ceux qu'il aime, et en la portant avec patience on acquiert une grande sagesse. >
11 y eut quelque chose de proph^ique daiks la {laorole
(i) £^'1*00 pourrait ajouter rCeB^fiU d'Héli,«dont liilipntQi»ae>eGMiduite avait tant d'analogie avec celle de beaucoup d^ pr^tr^s au temj)s de Luther. (Trad.)
du vieux prêtre. La vie du jeune homme fut épai^née ; il devint un instrument de bénédiction pour beaucoup de gens, et ses maux furent comme le fourneau du raffineur où s^épura son âme. La Bible qu'il avait trouvée, cette indisposition si sérieuse et les encouragements de son vieil ami , eurent pour effet , par la grâce de Dieu, d'ouvrir à ses pensées un champ vaste et tout nouveau.
Retiré de la fosse par la main du Seigneur, Luther, plein d'une ardeur nouvelle, reprit aussitôt ses études; et, l'an 1505, il fut fait maître es arts ou docteur en philosophie, avec toute la pompe usitée à cette époque. C'était le moment d'obéir aux désirs de son père en se vouant au droit. Mais son pauvre cœur éprouvait de terribles combats. Il n'avait pas encore résolu le grand problème. La paix de Dieu lui manquait , et , comme un ver rongeur, le péché ne lui permettait de goûter aucun repos. Il comprenait que le salut de son âme devait être la grande affaire de sa vie ; et tant qu'il n'avait pas l'assurance de sa réconciliation avec Dieu, il ne se sentait capable de rien. Avant toutes choses donc il résolut de chercher la paix de Dieu, quoiqu'il ne sût pas comment s'y prendre.
De nouvelles directions de la Providence vinrent donner une salutaire impulsion à cette âme ardente. Tout à coup, Luther apprend qu'Alexis, son ami d'enfance, est tombé sous les coups d'un assassin. Il court au lieu où le crime s'est commis : hélas! ce n'était que trop vrai. <r Et qu'arriverait-il de moi, si je me voyais ainsi rappelé soudainement ! > Tel fut le cri de sa conscience , tandis qu'il contemplait le corps mutilé de son ami.
Rempli d'une secrète terreur, Luther part bientôt pour Mansfeld. Peut-être va-t-il se consulter avec ses parents sur son avenir. On ignore ce qui put se passer entre eux;