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CHAP. VII. LA SUISSE

Luther et Zwingle, la déplorable dispute au sujet de reucharistie , dont nous avons parlé précédemment. Le Réformateur de Zurich était donc absent lorsque les cantons dévoués au pape s'armèrent comme pour une croisade, et avant que Luther et Zwingle eussent terminé leur polémique, la guerre entre les Suisses était déclarée.

Pris à rimproviste, les amis de la Réformation étaient réunis à Gappel en petit nombre, quand un corps de Zurichois les y joignit. Zwingle, qui était de retour, accompagna les siens. Le combat fut aussi terrible qu'inégal. Les catholiques remportèrent la victoire et Zwingle mourut dans la mêlée. Rome triompha d'une manière indécente de ce succès momentané. Le corps du Réformateur ayant été trouvé parmi les morts, subît d'indignes traitements , et on le réduisit en cendres sous les yeux de ses concitoyens désespérés.

La mort de Zwingle fut un coup si terrible pour les partisans de la Réforme, que OEcolampade, l'ami intime du Réformateur zurichois, en succomba, dit-on, de douleur. Il rendit le dernier soupir avec cette parole dans la bouché :€ Bientôt je serai près de Christ, mon Seigneur. j> Zwingle aussi mourut en chrétien. Quand il eut reçu le coup fatal et que, étendu sur la terre, il luttait contre la mort : c Ils ont pu tuer le corps, > s'écria-t-il d'une voix ferme, > mais ils ne peuvent tuer l'âme, *

Ce triste événement, qui jeta. le deuil dans toute la Suisse protestante, eut lieu en 1531. Un moment Rome sembla vouloir regagner son empire ; mais Zwingle eut pour successeurs des hommes animés d'un esprit semblable au sien et qui montèrent à la brèche après lui. Il faut nommer entré autres l'illustre docteur qui le

remplaça dans ses fonctions pastorales à Zurich, Henri Bullinger, Il s'était lentement dégagé des chaînes du Romanisme, mais il avait enfln conquis la sainte liberté des enfants de Dieu ; et tels furent les succès de son ministère, qu'on le désigne communément sous le titre de c second Réformateur. » Quarante années durant, il lui fut donné de prêcher à Zurich la bonne Parole de Dieu.

Dans les six années qui suivirent la mort de Zwingle et d*OEcolampade, non-seulement la Réformation s'établît d'une manière définitive au sein des cantons où elle avait pris naissance, mais encore elle étendit ses triomphes en des lieux où, du vivant de Zwingle, ceux qtfî prêchaient la doctrine des apôtres ne pouvaient se faire entendre. Le Dieu tout puissant prit soin de sa vigne ; la tranquillité se rétablit, et si plusieurs cantons demeurèrent sous le joug du papisme , la foi réformée remporta finalement la victoire dans la plupart des lieux où Zwingle et ses collaborateurs avaient semé la parole incorruptible du Seigneur.

Parmi les hommes qui rendirent d'éminents services à la Réformation de la Suisse , il faut signaler , outre Zwingle , Wittembach , Capiton , Haller , Œcolampade , Myconius, Léon Juda, Farel et Calvin. Ils rendirent fidèlement témoignage à la vérité si longtemps négligée, et obtinrent par la grâce de Dieu des succès qui feront Tétonnemenl de toutes les générations.

Jusqu'à ce jour, la Suisse est moitié protestante, moitié catholique romaine. Quand on visite cette contrée romantique, on reconnaît généralement à leur industrie, à leur aisance, et au seul aspect de leurs routes, de leurs villages et de leurs villes, les habitants de la Suisse qui professent le Protestantisme. Ailleurs , il n'y a qu'une

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