GENÈVE
Getiève, celte illusti*e cité que parent les plus éclatantes beautés dé la nature, et dont rhîsloire se lie à tout ce qui s'est fait de grand dans le XVI* siècle , ftlt de bonne heure le théâtre de la Réformatîon. Trois Françaîîs, Farel, Froment et Sàulnier, proclamèrent les premiers dans ses murs les doctrines célestes que Rome avait oubliées. Les violences du duc de Savoie, sous la domination duquel vivait Genève , amenèrent une révotûtion politique qui seiiait, dans les plans du Seigneur, à Kaffranchissement spirituel de ce petit peuple. Lausanne et les autres villes du lac Léman étaient tombées entre les mains de Berne ; ce fut le moyen par lequel la Ré-
formation s'étendit sur toute la contrée. Genèye, rendue à la liberté et regardant le pouvoir romain comme scm principal oppresseur, célébra les premiers moments de son indépendance par la destruction des reliques papales et des autres monuments de son précédent esclavage. Farel et ses courageux compagnons d'œuvre s'étant mis alors à prêcher, dans toutes les églises, la doctrine vivifiante de l'Evangile à des milliers d'auditeurs attentifs , la lumière fit de si rapides progrès dans les esprits, qu'en 1535 , cinq ans seulement après que les Réformateurs eurent commencé leurs prédications, les Protestants obtinrent une liberté de culte égale à celle des Catholiques.
Il est vrai que, dans le principe, et peu après leur arrivée, les prédicateurs français s'étaient vus chassés de Genève comme ils l'avaient été de France, à cause de la sainte franchise avec laquelle ils dévoilaient les superstitions romaines. Mais les semences de la vérité qu'ils avaient répandues, au milieu de beaucoup de larmes et de prières, étaient restées dans le sol. L'an 1534 ils furent rappelés par les principaux citoyens qui. venaient de se soustraire au pouvoir de leur évêque et, du même coup, à celui du saint-siége. Ils prirent possession de la cathédrale, et après l'avoir dépouillée de ses ornements papistes, ils invitèrent Farel \ y prêcher, devant une multitude avide d'instruction, les précieuses vérités de l'Evangile. Jusqu'à quel point cette dém^rcbecles Réformés était-elle d'accord avec la libert.é de conscience qu'on avait proclamée ? c'est ce qu'il est malaisé de déterminer. Tout ce qu'on peut dire pour leur excuse» c'est que les citoyens en ma^se étaient favorables aux doctrines de la Réformation.