‹ Histoire générale de la réformationChapitre 61 sur 80 · L'ESPAGNE · texte numérisé non relu

L'ESPAGNE

Il y a dans les anciennes annales de l'Espagne, des traits qui sont dignes de figurer parmi les plus belles pages de Thistoire ecclésiastique. Pendant sept siècles, réglise espagnole résista courageusement aux prétentions de révoque de Rome ; et lorsque, vers le VHP siècle, le pape réclama la suprématie sur TEspagne comme . sur les autres pays de la chrétienté , un concile national repoussa hautement cette tentative d'usurpation (1). Il est malheureusement à présumer que, même en ces temps , l'esprit de Rome n'eut que trop d'influence sur l'église espagnole , bien que l'autorité du pape n'y fût pas reconnue. Les commandements de l'homme y avaient plus de force que les commandements de Dieu. A la prédication de la Parole on avait substitué des armes matérielles, et les cachots de l'Inquisition remplacèrent la douceur persuasive de l'Evangile. Tout en luttant avec

(i) Sur la iuprémalie du Pape^ par le D' Gbddbs, vot. H, p. 19.

CHAP, V. l'espagne. 273

ardeur contre la tyrannie romaine, l'église d'Espagne s'appuyait sur le pouvoir civil ; elle avait établi sa propre tyrannie, tyrannie qui n'était ni plus légitime, ni moins odieuse que celle de Rome.

Il y eut de longs et nombreux débats au travers de ces ténèbres et de celte servitude , et là aussi Ton vit quel-, ques hommes qui , dirigeant leurs regards sur de meilleur3 temps, saluaient d'avance la venue des messagers de Dieu, quels qu'ils fussent, qui apporteraient avec eux la lumière et la paix. «

La doctrine réformée, en rampant les esprits du conflit des opinions humaines h l'éternel^ vérjté de Dieu , était seule capable de donner aux âmes fatiguées le repos après lequel on soj^pirait. Car, après tout, et ces interminables débats de l'Ecole, et^ette ignorance où se maintenait le clergé , et l'oppression spirituelle que l'Etat exerçait, tout cela devait cesser tôt ou tard par la prédication du pur Evangile.

' Il existait entre l'Espagne et l'Allemagne, au temps de Charles-Quint, des relations tellement étroites, qu'il eût fallu un miracle pour que le premier de ces pays ne ressentit pas l'influence des doctrines de Luther. D'abord, ce furent quelques courtisans du monarque qui apportèrent en Espagne les écrits du Réformateur et les nouvelles de la grande lutte qui s'engageait en Âlliemagne. Ensuite, le commerce étendu qui'se faisait entre l'Espagne et les Pays-Bas ne put que faciliter la communication des écrits et des pensées d'outre-Rhin. Ce fut ainsi que se répandirent au-delà des Pyrénées les premiers germes de la Réformation.

Pendant un certain temps, rien ne parut au dehors. On permit la libres circulation des livres qui exposaient les

principes de la Réforme , et il ne parut pas qu'on usât d'aucun moyen pour en neutraliser Tinfluence. L'empereur n'était pas alors en de très-bons termes avec le pape, et il ne mettait nul intérêt à comprimer l'esprit d'examen qui se manifestait çà et là. Aussi les amis d'une réformation en Espagne commencèrent-ils bientôt à se montrer , et il parut bon nombre d'écrits en faveur du mouvement qui s'effectuait chez les Allemands. Mais, d'une autre part , l'Eglise se leva subitement pour défendre ses prérogatives , et les cachots de l'Inquisition ne tardèrent pas à s# remplir d'individus dont la plupart occupaient un rang honorable dans la société.

Il parait que les couvents eux-mêmes ne furent pas à l'abri de la contagion; car, ^n 1526, Clément VII permit , par une bulle , 4iue les supérieurs des Franciscains donnassent l'absolution à ceux d'entre eux qui, ayant embrassé l'hérésie allemande, viendraient à résipiscence. Dans ce temps aussi , les Pères de l'Inquisition publièrent un édit qui imposait à tout citoyen l'obligation de dénoncer l'hérésie luthérienne partout où elle se montrerait , et de leur déférer quiconque prononcerait une seule parole en faveur de Luther ou de ses doctrines. De telles démarches de la part de Rome prouvent hautement que la vérité commençait à se montrer en Espagne, pt à faire entendre sa voix dans les rues.

Deux des plus ardents promoteurs de la Réformation de ce royaume ftirent, à Tépoque dont nous parlons, Jean d'Avila, surnommé l'Apôtre de l'Andalousie, et Alphonse Virves , celui qui dit , à propos de l'Inquisition et de sa détestable tyrannie : c Nous vivons en des temps difficiles : il est également dangereux de parler et de se taire. * Jean d'Avila était un homme d'un caractère

CHAP. V, l'espagne. 275

énei^qoe, un prédicateur populaire pleîu de fcèle ; il ëtaît versé dans la doctrine évangélique, ei son cteur se portait tout entier aux choses de Dieu. Agé de soixante-dix ans , il ne vivait en quelque sorte que pour avertir les pécheurs de fuir la colère à venir, et pour leur montrer l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. Rom^, de son œil d'aigle, ne le perdait pas de vue, et Tlnquisition avait lâché sur lui ses limiers. Son fig^^nérable et ses mœurs sans tache ne purent lui servir de bouclièr^^titre ceux qui le haïssaient , à raison même de ses éminentes qualités. On le jeta dans une prison, et il se vit soumis à un interrogatoire dont son âifte honnête et pure eut plus à souffrir que des tortures qu'on lui infligea. Cependant 9 tel était le respect qu'avait imprimé son caractère, que des homm^ du plus haut rang adressèrent au pape une pétition en sa faveur, et c'est à cela qu'il dut d'échapper à la vengeance de ses ennemis.

Virves , religieux bénédictin , avait été chapelain de l'empereur. Une conduite semblable à celle de d'Avila lui procura le même destin. Dans ses voyages en Allemagne, il s'était mis en relation avec les Réformateurs ; il avait conçu une haute opinion de leur science et de leur piété, s'était pénétré de la plupart de leurs principes, et l'on savait qu'il ne parlait d'eux qu'avec respect. Il n'en fallait pas davantage pour conjurer sa perte. Si les talents, la science, la beauté du caractère, la popularité avaient été de quelque poids aux yeux des Inquisiteurs, Virves eôt trouvé grâce devant eux ; mais il était suspect d'hérésie, et, en conséquence, il fut mis en prison. Malgré les réclamations de l'empereur contre cet acte de tyrannie , quatre années s'écoulèrent avant qu'il pût obtenir r^élargissement de son chapelain ; et même il n'eut pas le

pouvoir d'empêcher qu'on ne le condamnât comme hérétique. Virves dut lire une sorte de rétractation ; puis il fut enfermé pendant deux ans dans un cloître , où s'accomplit sa pénitence. S'il avait été plus ferme et plus fidèle, il est probable qu'il eût obtenu la couronne du martyre, nonobstant la haute protection de Charles-Quint.

Un fait bien remarquable , c'est que la Réformation n'eut pas en Espagne de plus ferme appui que le secrétaire intime de l'empereur, nommé Valdes. Il avait fait une étude particulière de la Confession d'Augsbourg, et, dans plus d'une rencontre, il s'était franchement montré l'ami des Réformateurs allemands. Par ces acte$ d'une conscience droite et éclairée , il s'acquit une place dans les cachots de l'Inquisition.

Mais une des portions les plus attachantes de l'histoire de la Réformation en Espagne, est celle qui se Ue aux travaux et aux souffrances d'Egidius , homme d'un caractère élevé , d'une érudition profonde, et qui enseignait la théologie , avec distinction , dans l'université de Siguenza. Il n'avait encore qu'une bien faible connaissance de la vérité, lorsqu'il fut promu à l'un des meilleurs em«* plois de la cathédrale de Séville. Sa place l'obligeait à prêcher fréquemment. Mais avec toute sa science , rien n'était plus froid , plus tendu et moins attrayant que sa prédication ; aussi mécontentait-il ses auditeurs et il ne voyait guère de fruit de son travail. C'est qu'au fond il ignorait ce qui, dans la vérité divine, fait l'ornement et la force de l'éloquence chrétienne. Egidius était un homme consciencieux. Désolé du déclin manifeste de son auditoire, il fut sur le point de renoncera sa place et de se décharger ainsi d'une pénible resiK)nsabilité. Sur ces entretaites, et quand il était au plus fort de ses

CHAT. V. l'espagnf. 277

angoisses, Ëgidius fit la connaissance d'un simple particulier, nommé Madrigo Valer, dont l'âme s'était enrichie des vraies doctrines de l'Évangile, et qui avait eu beaucoup à souffrir pour le nom de Christ- Ce fidèle témoin de la vérité fut pour Egidius comme un messager céleste qui dissipa tout ce qu'il y avait encore d'obscurité dans sa foi. 11 lui montra ce qui frappait de stérilité son ministère ; il le sollicita d'adopter un autre système dogmatique et de prêcher à son troupeau la repentance envers Dieu et la foi en Jésus-Christ , Rédempteur d'un monde coupable et perdu. Egidius reçut ces avertissements comme de la part du Seigneur, et il apporta au pied de la croix , le sacrifice de sa sagesse humaine et de son profond savoir. Pénétré de principes et de sentiments tout nouveaux, il rémonta en chaire, devant une assemblée qui s'accrut chaque jour d'auditeurs sérieusement attentifs, et il en vit un grand nombre venir auprès de lui avec cette question dans la bouche : t Que faut-il que je fasse pour être sauvé ? »

Le changement fut si complet que toute la ville s'en aperçut. Le clergé fut le premier à s'émouvoir et à donner l'alarme. Il cria tout d'une voix à l'hérésie; et bien qu'Egidius, applaudi et encouragé par quelques fidèles disciples de la croix, tels que Vargas et Constantin Ponce de la Fuente , fût sur le point d'être élevé par l'empereur au siège de Tortose , on suscita contre lui les forces de l'Inquisition, et il se vît subitement arrêté et plongé dans un cachot. En dépit de l'amitié que lui témoignait Charles-Quint, il fut déclaré coupable de Luthéranisme, condamné à trois ans d'emprisonnement , avec menace d'être brûlé vif, s'il cherchait à s'échapper ou à propager ses prétendues erreurs. Il eût obtenu unmeil-

Jeiur sort s'U avait pu se décider à dissimuler ses convio tious ; mais elles . s'étaient formées par un progrès lent et soutenu , et rien ne fut capable de les lui £gdre abandonner devant le tribunal. Après une année de prison, il fut rendu à la liberté par une main amie : la mort Tintroduisit dans la joie de son Dieu. Mais telle était la méchanceté de ses ennemis, qu'ils exhumèrent son cadavre et le brûlèrent publiquement au inîlieu des blasphèmes d'une populace déchaînée. Un seul regret attrista le lit de mort d'Egidius; il se repentait de n'avoir pas bravé les menaces de l'Inquisition et de s'être ainsi privé de la couronne du martyre.

Egidius eut pour successeur à SéviUe , son fidèle ami Constantin de la Fuente , qui prêcha la vérité avec non moins de courage, et dont les connaissances et la sagesse servirent infiniment la cause de la Réformation. A la plus parÊiite droiture il joignait une prudence consommée, et c'est ainsi qu'il déjoua les ruses du clergé et que, durant maintes années, il put rendre témoignage aux vérités^ de la Bible, si longtemps négligées. Il comptait au nombre de ses amis particuliers bien des gens de distinction, entre autres Francisco Zafra , ancien membre du conseil de l'Inquisition. Ce fut lui qui intervint avec tant de bonheur, dans une circonstance qui foillit terminer brusquement les travaux de Constantin. Une femme appartenant au petit troupeau des Réformés, fiit atteinte de folie , et dans l'un de ses accès , elle se rendit auprès des inquisiteurs en chef, et leur révéla le nom de ses associés et le lieu de leur réunion. Zafra , ay:mt eu vent de la chose , se présente en personne devant le tribunal , et obtient , non sans peine , qu'on mette de côté les dénonciations d'une folle .

CHAÇ. V. t'ESPâGNR. 2f79

Malgiré les efforts de roppo^tion romaine; les Réformés faisaient cbaque jour de nouveaux progrès, et ceux tiiémea qui n'osaient pas se joindre à eux^ ne laissaient pas d'approuver leurs principes. Plusieurs couvenls, entre autres celui de saint Isidore , se familia>risaient avec la doctrine évangélique. Si d'un côté les agents de Rome étaient toujours aux aguets pour décoovrir et pour châtier les hérétkjues, d'un autre côté, la douceur de certains magistrats , le rang élevé et la vie iKmorable de quelques-mis des partisans de Luther, secondaient activement la Réformalion, soit k Séville , sok dans les lieux environnants.

Mais cette antique dté ne fut pas la seule où les doctrines de l'Évangile trouvèrent un asile. A Valladolid et ailleurs , on les vit accueillies par des esprits résolus qui, s'émancipant du joug de l'Église, osèrent se livrer à la recherche et à l'examen de la vérité. Les relatioi»s commerciales qui existaient entre cette portion de l'Espagne et les Pays-Ras avaient été fort utiles à la propagation de l'Évangile.

Entre ceux qui , les premiers , reçurent à Yalkidolid h, lumière d'en Haut , il faut distinguer un laïque plein d'intelligence et de pénétration , nommé Sâint-RomàiBi. Un sermon luthérien qu'il entendît prêdier à Rrême ,. lui ouvrit subitement les yeux. Il se mit à étudier les Écritures , et il se pénétra chaque jour davantage de la grâce que Dieu y révèle aux pécheurs. Le travail qui se faisait dans son âme , le porta naturellement à rechercher la sociétédes ministres de la Réforme, et c'egt auprès d'eux •qu'il épanchait la joie que lui causaient ses découvertes dans le vaste champ de la vérité. Cependant tes gens que son commerce occupait à Anvers , apprir^it le chaîne-

280 HISTOIRE DE LÀ HÉFOUMÂTlOIf. LIV. If.

ment qui s'était eifectué dans ses convictions , et<^omme ils étaientde chauds romanistes, ilsexcitèrentles autorités ecclésiastiques à le poursuivre pour cause d'hérésie. Ses papiers et ses livres fournirent la preuve de son crime ; et sans autre enquête, on le retint huit mois en prison et on lui Ût subir les traitements sévères dont on usait alors avec les hérétiques. Privé de sa liberté et de toutes les douceurs de la vie, il n'en demeura pas moins feraie dans sa foi. Il se sentit même toujours plus pressé de répandre les vérités qui avaient donné la paix à sa conscience , et qui , seules , pouvaient renverser l'horrible puissance de l'Inquisition. Tel fut son courage que, s'étant rendu à Ratisbonne , il se présenta devant l'empereur, le sollicitant d'abolir cet odieux tribunal et de permettre la libre prédication des doctrines réformées dans ses états. Furieux de son audace , Charles et sa cour repoussèrent avec une égale colère les demandes de Saint-Romain. Les plus bigots eussent voulu qu'on en finît immédiatement avec l'hérétique en le jetant dans le Danube ; mais, de l'avis de l'empereur, il fut mis aux fers jusqu'à Ce qu'on pût le livrer à l'Inquisition. Au milieu de ses souffrances et des insultes dont on l'abreuvait , Saint-Romain s'affermissait dans la foi en Jésus- Christ, et il ne craignit point de proclamer, devant ses juges et ses persécuteurs , les doctrines de la Réformatîon. « On essaya de l'engager à se rétracter; et quand il fut sur l'échafaud , on lui promit une mort plus douce , s'il consentait à se confesser et à baiser le crucifix. Mais .il refusa de payer d'un tel prix un adoucissement à ses tortures. Là dessus , on alluma le feu, qui bientôt l'enveloppa. Les moines , apercevant sa tête se mouvoir en arrière pardessus les flammes, ordonnèrent de le dé-

CHAP. V. L'ESPAGîfE. 281

Uefr, dans la pensée qne peut-être il ferait à ce moment l'abjuration de ses erreurs. Mais le martyr, retrouvant avec effort quelque souffle dans sa poitrine, fit entendre ces paroles: « Êtes- vous donc jaloux de ma félicité! » A peine eut-il prononcé ces mots qu'on le rejeta sur le brasier, et aussitôt il fut consumé (1). »

La mort cruelle de ce témoin de Jésus-Christ, jointe à la prédication qu'il avait faite de la vérité devant ses juges et ses bourreaux, contribua plus que nulle autre chose à propager la Réformation dans la ville de Vallad<^d. On eut là tout à la fois une preuve de l'esprit sanguinaire du pouvoir antichrétien qui pesait sur l'Eglise, et un bel exemple de foi et de courage au milieu des flammes du martyre.

Après la mort de Saint-Romain, l'on vit d'autres hommes plaider à sa place la cause de l'humanité et de la vérité, contre les actes cruels de l'Inquisition et les erreurs du Romanisme. Il faut nommer, entre plusieurs, Domingo de Roxas et Augustin Cazalla, successivement pasteurs de l'église de Valladolid. Us attaquèrent ouvertement les fausses doctrines, surtout celles de la messe et du purgatoire. Mais hélas! telle fut la rage exterminatrice de l'Inquisition, que les églises créées en Espagne sous les auspices de la Réformation ne purent guère subsister au-delà de quatorze ou de quinze années. Placés sous la plus sévère surveillance, les nouveaux convertis étaient chassés de lieu en lieu, persécutés jusqu'à 1» mort, et les bûchers s'allumèrent en si grand nombre, qu'il fallut renoncer à prêcher plus longtemps le glorieux évangile de Jésus-Christ, c Des femmes, du

(!) Stebbing, Continuation de Milner,

caractère le plus doux et de la vie la plus retirée, souffrirent des mains de Tlnqaisition les mêmes cbatimeiits que les prédicateurs les plus actifs : des hommes hum* blés de cœur et de fortune» vivant ccmtents de tout, pourvu qu'on ne les forçat pas de recevoir un évangile perverti, se virent traités comme d'indigti^ malfaiteurs , quoiqu'ils n'eussent pas commis d'autre crime que d'écouter la parole de Dieu et d'avoir trouvé qu'elle consolait et fortifiait leur cœur. Il serait superflu de raconter en détail les scènes de sang qui amenèrent enfin l'extinctîcm de la Réforme en Espagne. Les auto-da4é de Valladi^id et de Séville livrèrent aux flammes des hommes qui étaient l'honneur de leur pays, et qui, s'ils eussent vécu , en eussent été les bienfaiteurs. Mais le jour de la rétribution ne tarda pas à se lever rou^ et sombre sur ce malheureux royaunie. Avant la fia du âei^èpie siècle , il n'y était {^us questicm de l'Evangïle, et dès ce moment on vit tout le mal que peul faire un gouvernement imbécile, dcmt rien n!ar]fète la coorruption. L'on avait étouffé la seule voix qui eût pu mettre un terme à tant de misères ; je veux dire la voix de la sainte vérité de Dieu. L'Espagae remit aux mains de l'Inquisition le soin de garder sa foi, èon honneur, sa puÂssance'*, et, sous l'empire de ce tribunal sanguinaire, elle a perdu sa puissance, son honneur et sa foi : siitosttion déplorable où se précipitèrent constamiaoïejat les peuples qui confièrent à de tels protecteui^ la garde de leurs plus précieux trésors (1). >

(1), Stebmng, ConU'nuaitdnife iXli2ner.

Page 1