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CHAP. VI. LES PAYS-BAS

Heîdelbei^ il fut transféré à Louvain » et de Louvain à Paris. Telles étaient la variété et la profondeur de ses connaissances, tels surtout ses succès dans la guerre qu'il faisait aux erreurs de son siècle , que ses ennemis euxmêmes ne pouvaient s'empêcher de l'admirer. Wessel finit par se retirer à Groningen, où il professa paisible» ment ses convictions religieuses, et publia divers écrits hostiles à la foi de l'église romaine et à ses pratiques. Voici quelle était pour lui la règle suprême. On verra qu'il s'exprime sur ce sujet en termes bien plus explicites qu'on ne l'attendrait d'un homme de ce siècle encore si ténébreux : « Je crois que le Saint-Esprit, parlant par la bouche des apôtres et des prophètes , est le régulateur de la foi, et je crois au Saint-Esprit. Je crois donc avec la sainte Eglise, suivani ce que croit la sainte Eglise ; mais je ne crois pas m la sainte Eglise. Car I9 foi est un acte de culte, une vertu théologale ; on ne la doit qu'à Dieu seul. >

Il est juste ensuite de reconnaître que les provinces des Pays-Bas et de la Hollande eurent à Erasme de grandes obligations. S j1 n'y répandit pas la pure lumière de la vérité, il exposa du moins à tous les hideuses difformités du papisme. Ses premiers ouvrages promettaient plus que ne tinrent les suivants. Ils lui valurent d'abord les mêmes inimitiés que celles dont on honora Luther , car on l'accussût d'être d'accord avec le Réformateur saxon. Combien n'est-il pas à regretter que cet homme, d'ailleurs si illustre , n'ait pas embrassé pleinement la doctrine évangélique, et que même il n'ait jamais eu le courage de suivre jusqu'au bout ses convictions?

Que la Réformation ait fait de précoces et rapides progrès aux Pays-Bas , c'est ce que prouve la circonstance par-

HISTOIRE DE LA BÉrOftMATIOn. LIV. II.

feitiôtiieht avérée qué^scMs le rè^edeCharleé-Odint, près de cinquante mille personnes y furent les Tictimes de la persécution. Forcé d'user de Quelque indulgence envers les Luthériens d'All^nagne, à raison de leiir force, Tem* pereur se dédommagea sur ses sujets immédiats , parmi lesquels il crut qu'il lui serait plus aisé d'extirper Thé'* résie.

L'histoire de l'Inquisition n'a pas de pages plus sanglantes que celles qui retracent ses violences dans les Pays-Bas. On ne saurait imaginer aucun acte de cruauté ou d'oppression qu'elle n'y ait exercé au nom de la foi. Deux monstres, François Hulst et Nicolas d^Egmond, nommés inquisiteurs en 1522, poursuivirent à outrance tous ceux qui se permettaient de penser autrement que l'Eglise. Mais, avec le règne de la terreur, commença dans ces provinces celui de la vraie Réformation. Si Ton vit les hommes timides et indécis céder à la force, il y en eut d'autres qui n'en furent que plus hardis à prêclier la doctrine apostolique. Des hommes tels queEsch, Voes et Henri Zutphen ne pouvaient être ébranléis dans leur foi par les menaces de l'Inquisition. Plus on les voulut opprimer, plus la sainte Parole de Dieu leur devint précieuse, et à mesure que les dangers se multipliaient, ils sentirent se fortifier leur foi aux promesses et en la puissance du Seigneuf*.

Chassés de la ville d'Anvers , les disciples de Christ s'assemblaient en foule sur les bords de l'Escaut, pour entendre la parole de vie, de la bouche d'un moime augustin dont l'âme s'était ouverte à la vérité, et qui l'avait embrassée avec force. Un jour qu'A n'avait pu se rendre au sein de son nombreux troupeau, un jeune homnse du nom de Nicolas , qui le remplaçait , fut saisi par tes

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