‹ Histoire générale de la réformationChapitre 64 sur 80 · CHAP. VI. LES PAYS-BAS · texte numérisé non relu

CHAP. VI. LES PAYS-BAS

agents de nnqui9ilk)â, eâfermé dans un sac et jeté à là rivière. Â Tournay, un moine augustfn fut brûIë en 152^, parce que, s'étant marie, il ne voulut pas racheter sa vie par le déshonneur de sa femme, qu'on voulait le contraindre à désavouer. La même année parut une loi condamnant au bûcher toute personne qui, après avoir aBjuré les doctrines réformées, en prendrait de nouveau la défense. Le même statut menaçait de la décapitation les hommes qui embrasseraient ces doctrines; quant au2i femmes , elles devaient être enterrées vivantes. Dans tous les cas, on confisquait les biens des individus eimvaincus d'hérésie.

Marguerite de Savoie, qui gouvernait ces provinces , mourut. Elle fut remplacée par Marie , veuve du roi de Hongrie, princesse d'un esprit plus doux, et qui apporta quelques ménagements dans l'exécution de ces lois cruelles. Bien qu'elle fôt la sœur de l'empereur, Marie eût voulu qu'on accordât aux Pr(^estants plus do liber'té. Elle fit tout ce qu'elle put pour engager Charles à suivre de meilleurs conseils ; et tels forent ^es efforts en faveur de ses malheureux sujets, que le pape invita l'empereur à surveiller les tendances hérétiques de la princesse. Il ne lui fot donc pas possible de donner cours à ses excellentes intentions. Les foudres du Vatt* can continuèrent de se décharger sur la tête innocente des sèrviteuj^s de Jésus-Christ. Des familles entières fo*

rent impitoyablement livrées aux flammes ; mars ces terribles scènes prirent souvent un caractère sublime par les cantiques d'actions de grâces qui sortaient de la bouche des martyrs. On vit entre autres un père et mie mère, avec leurs deux filles et leurs maris , montrer , sur réchafaud qui les réunissait, tout ce que peut TE-

Sto HISTOIRE DE LA RÉFOfiMATION. LIV. II.

vaogile de la grâce de Dieu poor triompher des souffrances physiques les plus atroces.

Ce fut à cette époque iuueste que le nom de William Tyndale vint s'ajouter à celui des nombreux martyrs de lafoi. Contraint de quitter l'Angleterre, sa patrie, à raison de son attachement aux doctrines de la Reformatiez» il avait fixé sa résidence à Anvers. Arrivé dans les PaySs- Bas, il acheva sa traduction du Nouveau-Testament, et la publia en 1526. La majeure partie dé l'édition, transportée en Angleterre, y fut achetée par les évèques papistes Warham et Tunstall, qui la livrèrent aux flammes* Cet acte de violence contre la Parole de Dieu tourna tout autrement que les adversaires ne l'avaient pensé. L'argent que reçut Tyndale pour la vente de sa première édition, le mit à même d'en publier une seconde en 1534, et de commencer , avec Miles Coverdale, la traduction de l'Âncien-Testament. Mais à peine étaient-ils au bout du Pentateuque, qu'à l'instigation des papistes anglais, Tyndale est arrêté à Anvers et conduit à Âugsbourg en 1536. On lui fit son procès et on le condamna à périr sur l'échafaud. Il fut d'abord étranglé, puis brûlé. < Seigneur 1 ouvre les yeux du roi d'Angleterre; > tel fut le dernier cri de ce chrétien patriote.

Tyndale avait rendu de grands services à la cause de la Réformation dans les Pays-Bas. Après lui Ton n'^y vit pas de plus illustre témoin de la vérité que Jean de Lasco, gentilhomme polonais, dont le zèle plein de prudence sut rallier les amis épars de l'Evangile, et les séparer d'une masse d'enthousiastes qui faisaient le plus grand tort à la cause de la Réforme. Il avait eu le bonheur de connaître particulièrement Luther et Zwingle, pendant qu'il faisait ses études soit en Allemagne, soit à

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