‹ Histoire générale de la réformationChapitre 67 sur 80 · LA HONGRIE ET LA TRANSYLVANIE · texte numérisé non relu

LA HONGRIE ET LA TRANSYLVANIE

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Ce fiit de lrès*boime heure que la lumière de la Réfor« maliou pénétra dans la Hongrie et la Transylvanie. Longtemps avant Luther, les frères de Bohème et les Yaudois y avaientéveillé cette soif de la vérité que rien ne peut satisfaire, sinon « le lait pur de la Parole. » Â une époque plus récente, quelques jeunes Hongrois, qui avaientfaît leurs études en Allemagne et s'y étaient nourris des doctrines de Luther, apportèrent dans leur patrie les écrits et Tesprit des Réformateurs. Au milieu de ces jeunes gens, tous remarquables par leur dévouement, il Êiut distinguer les noms de Matthias' Devay et de Martin Cyriaci. Pleins d'amour pour le Seigneur, et profondé* ment afflues de la corruption régnante, ils prêchèrent les pures doctrines de TEvangile avec une énergie et un zèle dignes de leur cause et du grand homme doût Ils avaient reçu les leçons. Par un effet de la bénédiction d'en Haut, leur ministère exerça une puissante influence; une multitude d'âmes reçurent de leur bouche la doc-

trine de laToi, doctrine qui humilie le pécheur, élève le Rédempteur, et réduit en poussière tout système fondé, de manière ou d'autre, sur le mérite de l'homme.

Tandis que ces disciples de Luther proclamaient avec un courage intrépide les doctrines de la Réformation en Hongrie, un autre étudiant > venu d'Allemagne, Jean Houter, travaillait avec un égal succès en Transylvanie. Ici , sans doute , le vent de la persécution souffla avec violence , et la tempête agita le berceau de la Réforme; mais la Parole de Dieu y prit un empire si rapide , qu'avant 1550, on comptait en Transylvanie beaucoup * d'églises protestantes bien nettement séparées tle Rome, soit quant à la doctrine , soit quant à la discipline et au rituel. Longtemps avant la mort de Luther, la plus graiPi^epartie de la;Itoii^ie €$, de la Transylvanie apj^rtenait ^la Réforoie. Il est vrai que la diète de Pestfaor^ doMia 4e brûler tous les Luthériens comme hérétiquies; puis, 4iue la diète de Presbourg résolut de ne toiërer antenne autre religion que le Papisme ; mais les Protesiaiits étaient si forts par leur nombre et par leurs i4cbesG«6, qu'ils itraitèrent ces arrêtés de la diète comme des ofaif- ^s 9tms valeur, souriant des prétentions^ d'une autorité qui était , pour ainsi dire , abolie. Le licvi secouait bien encore sa crinièrOt et il rugissait eu voyant sa proie lui réchapper ; mais On lui avait arraché les dents, et ii ne lui (étût plus permis de déchires*. Le Prot^tantisiiKe &i de iicdded conquêl?es, que Rome se vit dans l'imiiossibilité ^ le contenir. Il ne s'écoula pas fort longtemps avant fV'^n reconnut et garantit les droits et les libertés des SLéifeirmés.

)Les oalaiwté^ nationales qui désolènent la Bmgrie, par s^ite de l'invasion des Turcs, avaient préparé les

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du fracas de la guerre et du fréia^s^^iQ^t 4?^ araies ; et des milliers de personnes que menaçait la redoutable puissance du faux prophète, se sentirent le cœur réjoui par la bonne nouvelle de la rédemption qui est en la croix de Jésus-Christ. cLe vaillant roi de Hongrie, Matthias Gorvinus, avait eu pour successeurs, de 1516 à 1526, le faible Ladislas, puis Louis IL Ce dernier fiit défait par les Turcs à la bataille de Mohacz, en 1526; et comme il prenait la fiiite, il tomba dans un marais, où il fut submergé. Après sa mort, Ferdinand d'Autriche et &polya de Transylvanie se disputèrent la couronne de Hongrie. La contestation se prolongea jusqu'en 1546, que le prince autrichien remporta la victoire sur son compétiteur» (1).

Au milieu de ces vicissitudes politiques , la cause de la Réformation courut de grands dangers , et ceux qui l'avaient épousée durent lutter contre d'immenses difficultés. On le comprend d'ailleurs , gouvernés dès lors par des chefs romanistes que l'Eglise excitait à la persécution , les Réformés furent en butte à toutes sortes de cruautés et d'injustices. Dans aucun temps de leur histoire, leurs libertés ne furent assez clairement établies pour les garantir contre le pouvoir arbitraire du souverain. Quand celui-ci fut un homme d'un caractère doux et d'un esprit éclairé, les Protestants jouirent de quelque repos ; s'il en était autrement , il leur fallait défendre tout de nouveau les droits de la conscience , et souffrir mille maux à raison de leur foi. Mais aux époques

(i) Binaire Générale de €. BAUtb.

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méine les plus fôcheuses , il y eut toujours en Hongrie et en Transylvanie quelques individus c qui ne souillèrent pas leurs vêtements. »

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