Arch. M.-É., Tol. 112, p. SIT
Phra-naral s*empressa de Tenir saluer au nom de son maître le chevalier de Ghaumont : a Excellence , lui dit-il entre autres choses flatteuses, je sais que vous avez été employé autrefois à de grandes affaires et que vous êtes venu, il y a déjà plus de mille ans, de France à Siam, pour renouer Tamitié des rois qui gouvernaient alors ces deux pays. » M. de Ghaumont, un peu surpris du compliment de ce partisan de la métempsycose, lui répliqua en toute franchise qu'il avait complètement perdu le souvenir d'une si importante négociation,
M. Vachet alla rendre compte de son voyage au roi, qui lui fit cette réponse amicale et plus chrétienne dans la forme qu'elle ne l'était probablement dans la pensée de son auteur :
« Père Vachet, ne vous attribuez pas la gloire des choses que je viens d'entendre, et n'en soyez pas orgueilleux. G'est au Dieu du ciel et de la terre à qui il faut seul la rapporter, et à qui j'en ai la principale obligation. Il est vrai qu'il s'est servi de votre ministère, il vous en tiendra compte. Ge qui ne doit pas m'empêcher de reconnaître et de récompenser les services très agréables que vous m'avez rendus en cette occasion ^ . »
L'ambassade fut accueillie avec magnificence, on multiplia sous ses pas les fêtes et les honneurs; les missionnaires ne furent point oubliés; le chevalier de Ghaumont avait l'intention bien arrêtée de travailler pour eux ; Phaulcon, en butte à la jalousie de certains hauts man^ darins, avait plus que jamais besoin de leur appui ; Phranaral les aimait, et de plus il tenait à faire parade vis-à^ vis d'eux d'une bienveillance, qui lui valût en Europe une renommée de souverain éclairé.
Au jour de la réception solennelle des ambassadeurs,