Arch. M.-Ë., Tol. 10, p
« Monseigneur,
« Un mérite aussi universel et aussi universellement reconnu qu'est le vôtre devrait être publié en toutes sortes de langues ; et nous souhaiterions pouvoir assem^ bler ici les différentes nations de l'Europe pour honorer votre grand roi dans vos Excellences, de même que ce puissant prince a honoré à Siam, par la députation des divers pays de TOrient, notre incomparable monarque dans la personne de son ambassadeur extraordinaire. . « Mais sans former inutilement de vains désirs et sans rien emprunter des royaumes étrangers, souffrez, Messeigneurs, que quelques prêtres de cette maison qui vont vous complimenter après moi se partagent entre eux, pour louer en plus d'une manière les talents et la conduite que tout le monde admire en vous; et qu'ils employent en peu de paroles ce que l'hébreu a de savant, ce que le grec a de poli, ce que le latin a de grave et ce que le siamois doit avoir d'agréable à votre égard, pour rendre séparément et diversement à vos éminentes qualités les profonds respects qui leur sont dus, et pour répondre à l'honneur de voire visite et aux marques de vos bontés par les témoignages sincères d'une estime et d'une reconnaissance étemelles. »
Il nous parait inutile de reproduire toutes les harangues annoncés par M. de Brisacier; la politesse des Orientaux a des vertus de patience ou d'apathie que la nôtre acquiert avec peine et ne conserve pas toujours ; le discours de M. de Lionne fait en siamois étant le plus intéressant, parce qu'il reproduit à peu près entièrement les autres, et résume les appréciations répétées dans la Gazette de France, dans le Journal de Dangeau , dans plusieurs Mémoires, nous en citerons la traduction* :