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assurés qu'il est incapable d'avoir dit et fait tout ce qu'on lui impute sans preuves, mais on veut l'écarter de l'épiscopat, on le craint pour Vicaire apostolique, et on prend toutes sortes de moyens pour lui en fermer la porte. Il se la fermerait lui-même par son humilité et son silence s'il était en France, mais il est de notre, devoir et du bien des Missions de dissiper en son absence le nua^e dont on s'efforce de l'obscurcir, et nous demeurerons en repos sous la protection de Nos Seigneurs les Cardinaux, qui sont trop justes et trop sages pour faire le procès à un absent sur d'autres pièces que des dépositions authentiques de témoins désintéressés. »
Le Souverain Pontife fît une réponse meilleure que celle des docteurs de Sorbonne pour mettre un terme à la campagne menée par les détracteurs de Maigrot, il le nomma, en 1688, Vicaire apostolique de la province du Fokien.
Cette accusation était portée contre Maigrot seul, mais elle était peut-être l'avertissement d'un danger contre lequel il était bon de prémunir la Société des Missions- Etrangères ; afin d'ôter tout prétexte à de semblables dénonciations, et plus encore, afin d'écarter du bon grain l'ivraie qui s'y mêle aisément, les directeurs du Séminaire rédigèrent des instructions sur le respect et l'obéissance dus au Pape et à ses décisions, et les donnèrent aux missionnaires au moment de leur départ.
On appréciera davantage l'esprit qui les a dictées, en songeant combien au xvn® siècle, l'Église de France était loin d'avoir avec le Saint-Siège, cette unité de vues, de sentiments, de doctrine qui font aujourd'hui sa gloire^ :
« Que tous les directeurs, les missionnaires, les écoliers et même les pensionnaires du Séminaire des Mis* sions-Etrangères, non seulement en public, mais mêmç
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en particulier fassent paraître leur zèle pour la bonne doctrine et pour le Saint-Siège. Qu'il n'y ait personne dans le Séminaire, même des domestiques, qui ne parle avec respect du Pape, des Cardinaux, des usages et des maximes de la cour de Rome et des sentiments des ultramontains.
« Enfin il faut que le Séminaire des Missions-Etrangères soit une communauté ecclésiastique des plus dévouées au Saint-Siège.
« Les missionnaires dans les Indes feront paraître dans ' leurs discours etleurs démarches une parfaite soumission aux décrets et aux institutions apostoliques, surtout à la Bulle Unigenitus et aux autres constitutions émanées contre les erreurs de Balus et de Jansénius.
« Pour ce qui regarde les propositions du clergé, de 1682, ou il ne faut point en parler du tout, même par manière de dispute et d'entretien avec les missionnaires d'autres corps, ou prendre le parti plus favorable au Saint-Siège en soutenant l'infaillibilité du Pape, et inspirer aux chrétiens une haute estime et une profonde vénération pour TEglise romaine et le Saint-Siège apostolique. »
Après avoir donné à leurs séminaristes et aux missionnaires des conseils de fidélité envers le Souverain Pontife, les directeurs exhortaient le séminaire de Québec k l'obéissance envers son évoque, nouveau témoignage de leur respect pour l'autorité légitime.
Mgr de Laval, le fondateur de l'église de Québec, se démit le 24 janvier 1688 de son évêché ; son successeur. Mgr de Saint-Valier , doué d'un zèle plus ardent que pondéré, avait eu déjà quelques difficultés dans son nouveau diocèse, où il avait exercé les fonctions de \'icaire général .
Afin de pacifier les esprits indisposés, les directeurs de Paris recommandèrent chaleureusement aux dîrec-
teurs du séminaire de Québec dès avant le départ du nouveau prélat, de ne rien dire ou faire qui pût compromettre le bien du diocèse.
« Il faut passer une éponge, leur disaient-ils *, comme Mgr de Saint- Valier promet de le faire lui-même, sur tout ce quia pu vous brouiller avec lui durant son séjour au Canada. Usez toujours avec lui de patience, de discrétion et de silence. Respectez l'autorité, et interprétez favorablement la conduite des supérieurs ; surtout n'en écrivez jamais en France qu'avec retenue.
a Comme le séminaire est épiscopal, le supérieur doit entretenir une parfaite correspondance avec l'évêque, et inspirer à ses membres comme aux élèves tout le respect et la soumission possibles. Il doit prendre Favis de révoque dans les choses importantes.
« Les séminaires ne sont pas tous obligés de rendre compte à l'évêque de leur temporel ; mais comme Mgr de Saint- Valier est de votre corps, on doit lui communiquer les affaires temporelles toutes les fois qu'il lui plaira de s'en informer.
« Mgr de Saint- Valier, ajoutaient-ils, peut faire beaucoup de bien ou de mal au séminaire. Il ne faut pas paraître trop intéressé à son égard sur ses demandes ; et au petit-séminaire il faut recevoir des surnuméraires pour lui faire plaisir.
« Comme il a l'esprit très vif, ne heurtez pas ses opinions; mais faites-lui entendre raison insensiblement, en paraissant d'abord entrer dans ses vues et vouloir suivre ses volontés. Il est bon ami, il Test avec zèle, et peut compenser abondamment les petits sacrifices par lesquels on se concilie son affection. »
M. de Brisacier, dans une lettre particulière, émettait une autre considération très sérieuse et caractérisant,