‹ Histoire génerale de la Société des missions-étrangèresChapitre 111 sur 218 · Arch. M.-É., vol. 860, p · texte numérisé non relu

Arch. M.-É., vol. 860, p

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sont réduits. Les Siamois nous ont imputé à crime d'avoir été caution des troupes françaises avant leur sortie, et bien qu'ils nous y eussent contraints, ils se sont «éîmmoins servi de ce prétexte pour nous mettre aux fei*s avec les plus grands scélérats du pays. Nous n'avons pas regret d'avoir procuré la liberté à ceux qui sont sortis en nous exposant à la captivité, car il y allait trop de rintérôt et de la gloire de Votre Majesté. Nous ferions encore la même chose si c'était à recommencer, mais notre plus vif ressentiment est de voir non seulement le nom français, mais aussi le très saint nom de Dieu avili au point qu'il est dans ce pays, les saintes ima^res profanées en diverses manières, et nous ne pouvons faire autre chose que gémir vers le Ciel et demeurer en silence. Ces gens- ci voient bien à présent qu'ils ont excédé, mais ils nous retiennent en prison pour leur servir de bouclier dans l'occasion, ne pouvant se persuader que Votre Majesté n'en veuille cpielque jour tirer raison; pour ce qui est de nous, nous ne désirons autre chose, sinon que Votre Majesté ait quelque connaissance de nos misères, ce qui nous sera une très sensil^le consolation. Que si Dieu veut que nous finissions nos jours en cet état, il nous sera glorieux de mourir pour les intérêts de la foi et pour ceux de Votre Majesté. Cependant nous continuerons toujours de prier dans nos prisons pour la conservation de la sacrée personne de Votn^ Majesté et de toute la maison royale.

« Je supplie, Sire, Votre Majesté d'agréer que je prenne l'honneur de me dire avec un très profond respect

« De Votre Majesté,

« Le très humble, très obéissant et très fidèle serviteur et sujet.

« Louis..., év. de Métellopolis. »

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On avait espéré que, par suite du départ de Desfarges de Jonselang, les prisonniers seraient mis en liberté; mais le chef de la factorerie hollandaise ayant publié que la guerre était déclarée entre la France et la Hollande amie du royaume, cette nouvelle suffit pour empêcher leur élargissement. Seul Mgr Laneau eut la permission d'aller demeurer au presbytère et d'y recevoir des visites, sans avoir cependant le droit de sortir.

Le jour de l'Assomption 1690, tous les prêtres et les séminaristes furent transférés de leurs cachots dans une petite lie du Ménam. Malgré cette demi-liberté, épuisés par les souffrances qu'ils avaient endurées, ils tombèrent presque tous malades. Quatre missionnaires, Geifrard ^, Monestier *, Paumard ', Le Chevalier * et cinq de leurs élèves succombèrent en peu de jours.

Le Séminaire de Paris fut consterné de la catastrophe qui brisait tant d'espérances, il n'avait point en main la force pour la réparer ; mais les hommes de foi ont toujours un recours : Dieu. Quand l'orage gronde, ils prient ; quand la tempête se déchaîne et renverse l'édifice qu'ils ont péniblement élevé, ils prient; quand tout est anéanti, ils prient encore, avec tristesse, mais aussi avec espoir; ils ont la confiance invincible, parce qu'ils font une œuvre qui a pour elle les paroles de la \de étemelle.

Les directeurs du Séminaire prièrent et firent prier ; ils s'adressèrent à la piété des communautés de Paris :

1. De Lespinay, diocèse d^Vmiens, parti de France par la voie de terre le 8 juillet 1674".

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