‹ Histoire génerale de la Société des missions-étrangèresChapitre 113 sur 218 · Arch. M.-É., vol. 860, p · texte numérisé non relu

Arch. M.-É., vol. 860, p

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nous procura ce bien, pour nous donner le moyen d'expier nos fautes par une pénitence à laquelle notre lâcheté n'aurait jamais consenti. Car les saints ne regardent pas ce qui nous est le plus agréable, mais ce qui nous est le plus avantageux pour Tétemité. C'est dans ces mêmes sentiments que nous avons reçu vos patentes. Et pour vous marquer l'acceptation que nous en faisons, ainsi que pour vous témoigner le désirer, nous vous envoyons aussi les nôtres. »

Celui qui « tient en sa main le cœur des rois » exauça les prières de tant d'àmes ferventes, Tapaisement se fit peu à peu; en 1691, on rendit le séminaire à Mgr Laneau, et on lui permit d'y habiter avec les professeurs et les élèves. De cette demeure, il ne restait plus que les murs; l'évéque, dénué de tout, dut emprunter de l'argent pour la réparer et la meubler. Cependant Pitracha n'avait pardonné qu'à moitié; le Vicaire apostolique et les missionnaires étaient libres, les Français étaient ^core dans les fers. Mgr Laneau intercéda pour eux et sollicita leur grâce; l'usurpateur refusa; l'évéque revint à la charge et triompha par ses instances de la colère royale. Il ne s'en tint pas à ce premier acte de patriotique charité ; loreque ces malheureux, sans ressources, sans abri, presque sans vêtements, furent sortis de leur prison, il les logea et les nourrit. Devant cette générosité, les rancunes de Pitracha tombèrent, et il fit remettre oOOécusau bienfaiteur de tant d'infortunes.

L'échec de la France ne fut pas sans influence sur les Missions et sur l'action de la Société des Missions- Étrangères en Extrême-Orient ; il était encore incomplet et à peine connu en Europe, que les Portugais en pro-

iitèrcnt pour réclamer avec plas d'insistance le rappel xles Vicaires apostoliques et Térection de nouveaux évéchés

Le pape Alexandre VIII leur accorda une partie de ce qu*ils désiraient ; deux évèchés titulaires furent créés on t^hine, celui de Pékin et celui de Nankin, tous deux tlépendant de Tarclievêché de Goa avec droit de patronage 1 .

Cette mesure, qu'expliquaient les sollicitations incessantes du Portugal plus que ses promesses, était labauxlon partiel du plan dont Mgr Pallu avait été le promoteur : institution et maintien d*administrateurs généraux, de vicaires apostoliques européens et d'évéques indigènes.

En soi, cependant, elle n'avait rien d'alarmant pour roxistence de la Société; mais on était habitué aux •exigences et aux habiletés diplomatiques des Portugais, ot on craignait que cette concession ne leur servit de point de départ pour en demander d'autres; les letli'cs tjui d'Europe arrivaient en Extrême-Orient, étaient, il faut l'avouer, fort troul)lantes.

Voici un extrait de Tune d'elles écrite par un religieux de la Compagnie de Jésus * :

t< Non seulement le séréiiissime roi de Portugal a été remis en son ancien droit par le Pape, mais encore Sa Sainteté a entièi*emeiit retranché et abrogé l'autorité des Vicaires apostoliques et défendu que, dorénavant, aucun séculier ou régulier ose se glisser dans les missions des Indes, sinon sous les auspices du sérénissime roi de Portugal et après en avoir obtenu la permission des supérieurs ecclésiastiques. »

Ces nouvelles étaient fausses, mais on l'ignorait; et il

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