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2. LHlre (l't provi/icial di Gjfi, n dJcembre id9î. Arch. M.-È., \ol. 127, p. i270.
DES MISSIONS-ÉTBANGÈRES 363
<îst aisé de comprendre les préoccupations et les anxiétés qu'elles soulevaient. Le rappel des évôquesVicaires apos* toliques, en effet, était le signal delà ruine de la Société des Missions-Etrangères, puisqu'ils lui étaient, absolument nécessaires pour atteindre son but?
A ce moment, ses prêtres redoutaient les Portugais plus que les païens ; avec les païens, ils pouvaient fuir, se cacher, et en dernier lieu mourir. Eux morts, d'autres viendraient prendre leur place, recommencer une lutte dont les bourreaux se fatigueraient plus vite que les victimes; dans la lutte contre les Portugais, au contraire, il fallait vaincre à tout prix, sous peine de mourir immédiatement et de n'avoir pas de successeurs. Mgr Laneau députa à Rome, pour plaider la cause des Vicaires apostoliques, un des missionnaires de Chine, Louis Quémener ^ .
De plus on n'était pas sans crainte pour les contrées voisines de Siam, et Ton redoutait que l'ébranlement ne se fit sentir au Tonkin et eu Chine. Tiberge, incapable de contenir ses craintes, écrivait à Guisain, missionnaire au Tonkin, « de lui mander au plus tôt s'il n'était pas arrivé de grands malheurs chez lui, lorsqu'on y avait connu les événements de Siam »; de Brisacier adressait la même question à Gabriel Delavigne qui venait de fonder la procure de Pondichéry, où il centralisait les nouvelles des missions.
De Chine, M. Pin exprimait ses appréhensions en ce^ termes : « Nous ne savons plus où nous en sommes avec ce qui vient d'arriver à Juthia; nous redoutons bien de voir que les Européens, déjà peu aimés des Chinois, n'en soient tout à fait détestés quand on saura que les soldats français ont été chassés de Siam, parce qu'ils
1. De Brest, parti de France le 6 aTril 1682, mort le 17 novembre 1704. ~ 60 ims.
voulaient, à ce qu'on dit, y faire une révolution. Cependant nos mandarins ne nous ont encore rien fait voir; les Jésuites qui sont bien à la cour pensent que nous n'avons rien à redouter. »
L'empire du Milieu, en effet, ne s'émut pas des événements de Siam. Les missionnaires et leurs néophytes ne furent pas inquiétés ; ils continuèrent d'avoir avec les mandarins des relations généralement bonnes, de voyager et de prêcher à peu près librement; mais leurs succès étaient loin d'égaler ceux des apôtres du Tonkin et de Cochinchine. Perdus dans ces grandes villes chinoises dont la population immense et compacte est si difficile à pénétrer, privés de leur chef par la mort de Mgr Pallu que ne remplaçaient ni Mgr d'Argohs, religieux franciscain, ni Mgr Lopez, ni M. Maigrot, vicaire apostolique sans caractère épiscopal, plus ou moins distraits par la querelle sur la question des Rites, qui battait son plein, ils glanaient plus qu'ils ne moissonnaient, cherchaient des secours et une direction à Rome ou au Séminaire de Paris. Les secours n'arrivaient pas, et la direction, donnée de si loin, était nécessairement générale et partant trop vague pour produire les résultats attendus.
En 1691, la Société avait huit prêtres dispersés dans deux pro\dnces du littoral de l'empire, le Fo-kien et le Kouang-tong, et dans une province de Tintérieur le Kiang-si.
Maigrot était à Fou-tcheou, dans le Fo-kien; en 1687, il baptisa 80 infidèles, 75 en 1688, et les années suivantes un nombre à peu près égal; de Lionne et Gravé,*
1. Du diocèse de Rennes parti le 2 janvier 1683, mort à Surate le 2 mars 1696. — 45 ans.
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à Hiiig-hoa et à Chang-lo, s'adonnaient à Tinstruction des anciens chrétiens ; la paroisse la plus nombreuse et la plus fervente était Chao-tchcou ou Chao-kouang, dans la province du Kouang-tong , elle était desservie par Leblanc ^ et par Basset ^ .
En 1688, ce dernier avait écrit ' :
« Dieu a donné beaucoup de bénédictions à l'église de Chao-tcheou ; il y avait près de 300 fidèles quand j'en suis parti, qui ont tous été baptisés, excepté trois qu'on y a trouvés, depuis que cette église a été ouverte. 11 y a des familles entières qui ont reçu le baptême, qui vivent fort chrétiennement et qui fréquentent souvent les sacrements, ce qui m'a bien donné de la consolation pendant que j'y ai demeuré ; il y a un hôpital pour les pauvres, les aveugles et autres gens de cette sorte dans lequel il y a environ 35 à 40 personnes qui ont toutes reçu le baptême et qui vivent dans une véritable innocence. »
De Cicé * résidait dans la grande ville de Canton, où il était chargé d'une église et exerçait les fonctions de procureur, recevant les nouveaux missionnaires, expédiant aux anciens les envois, qu'il recevait pour eux de France par les vaisseaux de la Compagnie des Indes-Orientales.
Près de lui, dans la môme ville, Charmot^ essayait de fonder un petit séminaire qui ne prospéra pas. M. Pin parcourait une partie du Kiang-si et racontait dans ses lettres les actes de vertu de ses fidèles. Autour d'eux, et souvent dans les mêmes villes, des Jésuites, des
!. De Beaune, bachelier de Sorbonne, parti le 22 décembre 1678, mort le 2 septembre 1*20, dans le Kouang-tong.
2. Du diocèse de Lyon, bachelier de Sorbonne, parti le 13 février 1685, mort en 1707, h l'àge de 45 ans, dans la province du Kouang-tong.