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Notices sur les premiers préires indigènes du Tonkin

mérite et de haute vertu. Il avait choisi pour provicaire Pierre Langlois', il avait été bien inspiré. Langlois était un des meilleurs missionnaires de Gochinchine, sinon le meilleur; il était populaire dans toute la province de Hué et sympathique à la cour. Sa sainteté était appréciée , son habileté de médecin Tétait davantage. Missionnaire à Siam de 1669 à 1680, il avait pris des leçons du chirurgien Roné Charbonneau^et s'était exercé dans les deux hôpitaux qu'il avait construits à Pourcelouc, à 80 lieues de Juthia; supérieur du collège général, il avait étudié la langue annamite avec les élèves venus de Cochinchine et du Tonkin, et il la posséda si bien, qu'il composa un dictionnaire comprenant 1,500 mots de plus que celui du P. de Rhodes et rédigea une grammaire qu'un missionnaire qualifiait de chef-d'œuvre.

Envoyé en Cochinchine, il avait fondé des hôpitaux à Hué où chaque jour il donnait des consultations et des remèdes; en soignant les corps, il gagnait les cœurs et sauvait les âmes ; il avait baptisé des officiers de la garde royale, des femmes de mandarins, beaucoup d'hommes du peuple. Lui-même évalue à huit ou neuf cents le nombre des baptêmes qu'il administrait annuellement. Ses succès le firent choisir comme victime par les ennemis des chrétiens qui raccusèrent de tramer un complot et le menacèrent de détruire sa maison, son église, ses hôpitaux.

« J'attendis, écrit-il', me préparant à recevoir tout ce qu'il plairait à Dieu de m'euvoyer. » Dieu lui envoya le secours de ses fidèles. Les femmes de mandarins qu'il avait baptisées s'émurent de ses périls, elles allèrent trouver la reine mère et la prièrent d'in-

1. De Gisors, diocèse d'Evrcux, parti le 12 février î6o9, mort le 30 juillet 1100, h TAge de 60 ans.

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