‹ Histoire génerale de la Société des missions-étrangèresChapitre 12 sur 218 · fut nommé le 11 mai · texte numérisé non relu

fut nommé le 11 mai

Taumônc ; le soir, il avait reçu un denier qu'il conser\*a longtemps avec un soin jaloux, comme le témoin aimé des mépris et des outrages endurés.

Le magistrat valait le chrétien. Jurisconsulte habile et dialecticien redoutable, il savait rendre objection pour objection, texte pour texte, et mêlait à son argumentation, qui allait droit au but, une nuance de subtilité parfois difficile à saisir et propre à déconcerter les adversaires les plus vigoureux.

Cependant, au milieu' des dossiers et des procès, il lispirait à un genre de vie différent, qu'il suppliait Dieu de lui faire connaître, il suivait tous les mouvements de la grâce, mais sans avoir aucun pressentiment de sa véritable vocation, semblable à ces marins qui voguent sur les flots d'un Océan inexploré à la recherche d'un port où ils puissent jeter Tancre.

Le sacerdoce lui apparut enfin comme le but suprême, il vendit sa charge et fut ordonné prêtre à Coutances. Bientôt après, nommé directeur de l'hôpital général de Uouen dont la situation financière était très difficile, il prit résolument la charge^. Etudier le budget, disséquer les comptes, refaire les liquidations, sonder le fond des caisses et parfois conduire devant la justice des débiteurs récalcitrants, telle fut sa tâche; il s'en acquitta avec honneur.

Obligé pour des affaires de famille de se rendre en Savoie, il était à Annecy, et, a-t-on dit, priait dans la chapelle de la Visitation, lorsque la lettre de M. Fallu lui fut remise. Il partit pour Rome où son premier soin fut d'ôter tout prétexte de refus et de retard, en établissant sur ses propres biens, par l'intermédiaire d'un banquier qui se porta caution, les revenus exigés pour la fondation des évêchés, car la duchesse d'Aiguillon

i. En 1655.

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n*avait fait que promettre les fonds, attendant, pour les donner, la nomination des Evoques ; il alla ensuite avec M. Fallu visiter plusieurs cardinaux. Ils apprirent de Tua d*eux que les obstacles seraient facilement aplanis ou du moins écartés, s'ils pouvaient convaincre le secrétaire de la Propagande, Mgr Mario Albérici.

Dans ses mémoires où le pittoresque abonde. Bénigne Vacliet raconte ^ que M. de la Motte Lambert, ne pouvant obtenir d'audience de ce prélat, prit le parti de se trouver continuellement sur son chemin. Au sortir de chez lui, aux portes des églises ou des couvents, près de la maison de ses amis, Mgr Albérici trouvait de la Motte Lambei*t qui le saluait profondément, mais sans jamais lui adresser la parole. Un jour dans une rue de Rome, il fut abordé par une dame ; quelques secondes plus tard, M. de la Motte Lambert passait et faisait au secrétaire une respectueuse inclination. « Monseigneur, fit Tltaliennc, voici un ecclésiastique qui semble désirer vous parler. » Le prélat se détourna et aperçut le prêtre français qui saluait de nouveau. « Madame, répondit-il, cet homme veut une audience, et il me tue par ses révérences et sa modestie. » — « Mais, reprit Tinterlocutrice, si vous lui accordiez ce qu'il demande. » Le secrétaire de la Propagande hocha la tête et pensa sans doute que c'était le meilleur moyen d'en finir. Il appela le prêtre. — « Monsieur, lui dit-il, que faut-il faire pour me délivrer de vos importunités? » — « C'est, répondit l'interpellé, de me donner une seule audience. Monseigneur, ensuite vous ne me reverrez plus. » — : « J'en suis content, répliqua le prélat, demain matin à huit heures, venez chez moi. »

Le lendemain, le solliciteur était exact au rendez-vous. Commencé à huit heures, l'entretien se prolongea jusqu'à

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