‹ Histoire génerale de la Société des missions-étrangèresChapitre 120 sur 218 · De Moulins, né en 1644, parti le 6 avril · texte numérisé non relu

De Moulins, né en 1644, parti le 6 avril

naires leurs proches et leurs amis; la chrétienté augmenta^ mais redoutant que les assemblées nombreuses et fréquentes n'éveillassent des soupçons, Genoud et Joret se séparèrent et établirent deux petites paroisses éloignées Tune de Tautre de cinq à six lieues.

Soudain Forage fondit sur eux, excité parla conversion d'un mahométan qu'une jeune fille chrétienne avait refusé d'épouser, avant qu'il eût embrassé le catholicisme. Le prétendant accepta la condition; les parents s'y opposèrent, car ce changement de religion les mettait en danger d'être frappés d'une amende et ils voulurent faire apostasier le nouveau converti.

N'ayant pu y réussir, ils résolurent de se venger par la mort ou par l'expulsion des missionnaires. Ils allèrent trouver les Ponghis *, et éveillèrent leurs craintes et leur jalousie par un argument qui n'a rien de surnaturel, mais dont le succès est à peu près infaillible.

« Si vous tolérez ces prêtres étrangers, dirent-ils, vous verrez bientôt diminuer votre influence et le nombre de vos adeptes, alors que devicndrez-vous? » Il n'en fallut pas davantage.

Les bonzes portèrent aussitôt contre les missionnaires l'accusation d'enseigner une doctrine étrangère et de provoquer des troubles dans le royaume. Deux d'entre eux présentèrent une requête au roi. A peine ce prince en eut-il achevé la lecture, qu'il intima l'ordre de saisir les ministres de Jésus-Christ et de les lui amener.

Cet ordre parvint à sa destination le 12 février 1693.

M. Joret en avertit immédiatement Mgr Laneau.

« Nous devons partir demain * , pour être conduits à la cour. On dit qu'on nous y a accusés d'avoir fait chrétiens beaucoup de Pégouans, de Siamois et de Birmans.

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