De Lyon, parti en 1689, mort le 13 Juin
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L'œuvre de la Saînte-Enfance quî donne le s<^>n que mois pour aider à ia recherche et à Venin ^ enfants de païens a seulement cinquanto ans •:! mais le baptême de ces enfants dans les contrées i remonte aux premiers jours de Tapostolat. Le^ ont toujours voulu des âmes pour peupler le r du ciel, ils n'ont eu g:arde d'abandonner celles «i' vres petits êtres près de mourir ou délaissés pfir parents; c'est une moisson sûre et abondante. Ei ou huit ans, le chiffre de ces baptêmes s'éleva a mille et, de 1662 à 1713, à cinquante mille, chiff^ sidérable eu égard à la population du royaume dt
En enregistrant une partie de cette statistique. ! tcur de V Histoire du christianisme dans lex Indes ^ taies s'écrie dans un mouvement d'admiration ' légitime : « Quel directeur, quel cure, quel évêquf ■. les pays catholiques oserait dire qu'il y a cinq i âmes dans le ciel, qui lui sont redevables après Dirn bonheur éternel dont elles jouissent? Ces fruits si be « si multiples, si consolants sont réser>'és au zèle desir sionnaires qui vont cultiver par leurs travaux, par h? •sueurs, par leurs larmes, par le. sacrifice de leur vie. < terres demeurées incultes pendant tant de siècles.
Qu'aurait-il dit en présence des résultats actuels ? Siam, ce n'est plus cinq mille baptêmes d'enfants en un dizaine d'années qu'administrent les missionnairrr .nais douze à quinze mille; au Tonkin, le chiffiv hh. autrement considérable dépasse chaque année frejiKmille, et cent mille au Su-tchuen.
L'arrivée de Mgr de Bourges surprît deCicéaumiliVir de ses travaux. Le vieil évéque avait été chassé du Tou-
ly qu*il évangélisait depuis 43 ans, à la suite des faits ' e nous allons raconter.
En 1712, la persécution avait éclaté; l'instigateur, -" • fxsi qu'il arrive trop souvent, fut un mauvais chrétien >nt on ne connaît que le nom de baptême, Léon. > hargé par son vicaire apostolique de plusieurs missions : >é pilleuses, entr'autres de Tintroduction au Tonkin des rêtres européens, Léon alla chercher M. Jean-Baptiste .c la Mothe^ sur les frontières de la province de Canton. Ayant reçu pour ce service signalé une somme d'arfent considérable, il s'abandonna au jeu, à la débauche et apostasia; lorsqu'il n*eut plus d'argent, il re\'int en exiger, menaçant l'évêquc et ses prêtres de les dénoncer au roi s'ils ne lui donnaient une nouvelle somme qu'il fixait à cent taêls. A cette époque, le Chua Trlnhcan gouvernait sous le nom du roi Le-hi-tong, il était hostile aux Européens, avait plusieurs fois jeté en prison Van Loo, le chef du comptoir hollandais de Héan, et finalement l'avait chassé du pays ainsi que ses compatriotes.
De Bourges craignit les suites d'une dénonciation portée devant un tel juge, il donna les cent taëls. Cette concession amena d'autres exigences. Un chef de voleurs Da-Troc se'présenta chez le Vicaire apostolique et chez son coadjutcur Edme Bélot, et avec une audacieuse impudence, il leur dit que Léon lui avait raconté qu'il avait reçu cent taels pour ne pas les dénoncer, que cet acte de Léon était une trahison envers l'Etat, mais que lui-même allait réparer ce crime et dénoncer leur présence au roi... cependant, ajouta-t-il, si vous me donnez cinquante mille deniers, je garderai le silence.
Il était impossible de subir cette sorte de chantage,
1. Docteur de Sorbonne, de Tancicn diocèse d'Orange, parti en 1700.
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on avertit le mandarin de Héan, ami des missionnaires, et on fit partir Jean-Baptiste de La Mothe pour la Chine. dans la pensée que ce départ satisferait le roi, si cette affaire arrivait jusqu'à lui. Cependant Da-Troc s'entendit avec Léon pour exécuter ses menaces, et le gouverneur de Héan étant allé à Ha-noi, Taccusation fut pré- i sentée au second mandarin qui la prit en considération et commença les poursuites.
Des catéchistes, des écoliers et plusieurs fidèles furent arrêtés, battus et emprisonnés. Leur silence sauva les évêques, Léon lui-même se tourna contre son complice Da-Troc; et, le juge se \ît forcé, faute de preuves pour étayer une sentence, de renvoyer les prisonniers et de laisser les missionnaires en repos; mais, vaincu de ce côté, il essaya de se venger d'un autre.
Les Annamites n'ont pas une très grande foi dans rimpartialité de leurs magistrats; s'ils intentent un procès, et le perdent, il leur arrive souvent d'attendre la mort ou le déplacement du juge qui les a condamnés et de porter l'affaire à son successeur.
Le mandarin de Héan fit à peu près de même ; son ancien chef hiérarchique étant mort en même temps que le roi Le-hi-tong^ et que Trinh-can* , il chargea un de ses amis de porter plainte au nouveau Chua au sujet de la religion chrétienne et de la lui représenter comme très dangereuse pour la tranquillité du pays. Habilement circonvenu, Trinh-cang* écouta ce qu'on voulut lui dire et signa l'ordre de faire disparaître le catholicisme de ses États.
En exécution de cet ordre, Mgr de Bourges, Mgr Bélot et M. Guisain furent arrêtés. Mgr de Bourges dont le