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« Il était extrêmement chaste, et conservait cette vertu avec un soin très grand. Son oraison, de plusieures heures chaque jour, augmentait de jour en jour le grand amour qu'il avait pour Dieu et pour le salut des âmes. » Avec Mgr de Bourges disparaissait la première génération des prêtres de la Société des Missions-Étrangères et les premiers évêques formés et choisis par Mgr Fallu et Mgr de la Motte Lambert, puisque Mgr Deydier était mort en 1693 et Mgr Laneau en 1696.
Quand la ProAÎdenoe destine les hommes à un rôle spécial, elle leur donne des qualités et des vertus en rapport avec ce rôle.
Fallu et de la Motte Lambert avaient été des inspirateurs et des organisateurs; une autre mission échut à leurs successeurs, mission moins haute, moins féconde par certains côtés, mais encore grande et belle. Ils exécutèrent Torganisation résolue, ils appliquèrent les principes posés, ils enseignèrent par leurs travaux de chaque jour ce que doit être Texistence ordinaire du prêtre prédicateur de TEvangile en pays infidèle. La vie de Mgr Fallu et celle de Mgr Lambert ne furent point à proprement parler des vies de missionnaires, nous en avons déjà fait la remarque, et si Ton peut puiser dans leurs actes et dans leurs paroles des inspirations d'humilité, de générosité, de zèle et de dévouement, on n'y trouve point le cadre dans lequel se meuvent habituellement les ouvriers apostoliques.
Au contraire, Deydier, Laneau, de Bourges pratiquèrent ces mêmes vertus dans des circonstances que les missionnaires rencontrent toujours et partout. Leur carrière présenta les caractères que devait avoir celle de tous leurs successeurs : étudier à fond la langue des pays qu*ils habitent, composer des livres pour Tinstruction des païens et des chrétiens, passer de longues années comme simples prêtres au milieu des multiples
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difQcuItés de détail qui entravent le ministère pastoml. enseigner à des apôtres plus jeunes la manière de cf^nduire un district, d'évangéliser les infidèles, de fonntr des séminaristes, des catéchistes et des religieuses, et, pour que rien ne manquât à ce type d'existence apost^^ lique, souffrir la torture et la prison. Ils formèrent ainsi le premier anneau de cette chaîne, qui s'appelle la tradition, et devient, quand elle est conservée, la force d'unt* Société, la lumière qui guide ses travaux et facilite >e> triomphes.
Qu'il s'agit de Tévangélisation, des droits du Saint- Siège, de la pureté de la Foi, la Société des Missions- Etrangères avait à opposer aux adversaires des fils prêts à combattre et capables de conserver les anciennes conquêtes ou d'en faire de nouvelles.
En 1702, Philibert Le Blanc et Alexandre Danry* avaient quitté le Fokien pour se lancer dans les régions lointaines et inconnues du Yun-nan dont Le Blanc avait été nommé vicaire apostolique sans caractère épiscopal.
Le Yun-nan sortait alors d'une guerre longue et achar* née que son gouverneur Ou-san-kouei avait soutenue contre la dvnastie tartare-mandchoue. Du nord au sud du pays, on ne connaissait aucun chrétien. Les missionnaires en découvrirent quatre à Yun-nan-sen, la capitale, encore étaient-ils venus d'une autre province. Ce n'était pas une armée, pas môme un bataillon, mais on pouvait s'appuyer sur eux, s'en servir comme de catéchistes, tout au moins comme d'auxiliaires. Les pauvres exilés furent réjouis et fortifiés par l'arrivée des apôtres, ils se sentirent moins isolés, peut-être môme, avec l'espoir qui