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Du diocèse de Nantes, parti en

DES MJSSIONS-ÉTBANGÈRES

naît si facilement au cœur des fidèles que Ton sait émou- A oîr et diriger, songèrent-ils à devenir les premiers chefs -d'une Église considérable.

Ils firent annoncer la présence des prêtres étrangers au gouverneur chez lequel ils avaient leurs entrées; celuici arrivait de Pékin où il avait vu les religieux de la Compagnie de Jésus bien traités par l'empereur, il ne s'étonna ni s'effraya d'avoir dans sa ville des prédicateurs du même Evangile. Il leur donna audience, leur accorda l'autorisation d'acheter des maisons, des terres et de se fixer où ils voudraient. C'était un point important. Mal reçus, les missionnaires eussent été en butte aux vexations des mandarins et au mépris du petit peuple. La honne grâce du vice-roi leur servit de bouclier, car il en était de même au fond de la Chine, en Ânnam ou à Siam : que le maître s'appelât Phra-naraï ou Le-hi-tong, Trinh-can ou Ngaï-vuong, qu'il fût gouverneur ou roi, dès qu'il était le maître, les fronts s'inclinaient, les esprits rebelles ou malveillants se faisaient aimables et dociles.

Le Blanc acheta une maison et commença à bâtir une église, non pas une cathédrale, mais « une maison à la façon des Chinois et seulement un peu plus vaste. » Tout en surveillant les ouvriers, il instruisait des enfants, noyau d'un séminaire, qu'il voulait grand.

Cette œuvre, le but principal de la Société des Missions- Étrangères, est la caractéristique première des travaux de ses missionnaires : partout où ils se fixent, immédiatement ils instituent un établissement pour le clergé indigène. A Juthia\ on avait pu le constituer sur de» larges bases ; au Tonkin, Deydier l'avait commencé dans une barque; à Canton, Charmot l'avait mis dans' une dépendance de la procure; à Yun-nan-sen, Lo Blanc réunit ses élèves dans une chambre attenante à sa maison. Plein d'espoir en 1 avenir comme tous <îeux

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qui s'appliquent à travailler pour Dieu, il faisait le> *' plus beaux rêves et projetait d'avoir un collège où se réfugieraient les séminaristes du Tonkin si la persécution les chassait de leur pays. Danry, conduit par l'un de> quatre chrétiens qu'il avait trouvés, prêchait les païcn< et parcourait les Alliages. Son zèle porta des fruits; eu 1706, il avait plus d'un millier de fidèles et trois mille catéchumènes.

Dans chaque village où se groupaient quelques-uns de ses néophytes, il ne bâtissait pas d'église, mais se contentait d'avoir deux chambres contigues à la demeurt» « d'un chrétien » . L'une de ces chambres lui servait d'oratoire et l'autre d'habitation; « ce qui, écrivait-il, exempte d'avoir un serviteur pour les garder et permet d'éviter souvent les persécutions des mandarins qu'on ne sera point obligé de visiter, car ces sortes de chapelles passent pour les maisons de ceux auprès desquels on les bâtit. »

Dans lajprovince voisine, au Su-tchuen, où ils s'étaieu. rendus sur l'ordre de Mgr de Lionne, leur vicaire apostolique, Basset et de la Baluère accomplissaient le^ mêmes travaux avec moins de peine , car ils avaient trouvé pour les aider à connaître le pays, à s'installer, à répandre la bonne nouvelle, un plus grand nombre de chrétiens, la plupart venus du Hou-kouang.

De la Baluère commença un séminaire, et Basset évangélisa les fidèles principalement groupés dans les villes de Tchen-tou, de Ya-tcheou et de Pao-nin-fou. Nous ne saurions mieux donner une idée de leur vie qu'en citant cette lettre de La Baluère^ :

(( Je suis ici dans une petite maison qui ressemble a celles des pauvres de mon village sauf pour les portes et les fenêtres qui sont différentes, le lit et les sièges

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