CHAPITRE XV
I. Lu question de* Rltps. — Légation de Mgr it Taumon. — □. Içr* grot à la cour de l'empereur Kang-hi. — ID. Exil àf-s missiannair'- - Lettre de Mgr de Toumon h Mgr ¥a[grot. — Coura^ de LfUw Urot, de la BnluÈre. — Mgr de Tournoa k Hacao. — Sa bukI. - ' Mgr Moigrot ï Rome, lettivs et conduite. — Condamnation des F. pur Clément XI dnns la bulle Ex illa dl«. — Formule du frm-- Imposé nui migaiocuuJres par la bulle. — V. LtgatloD de Hp lrr> barba en i7S0, les huit permissions. — VL Le Jansénisme. — Osde N. de Biisacler et de M. Tlberge. — Sentiments des inisi5loBa?i~" — Lettres de Mgr Cicé et de M. Néei. — Résumé de t Séminaire par M. de Briiacler.
Que s'était-il donc passé pour que Kaog-hi, dont '''i faisait de si pompeux éloges, qui admettait les Jésuil" dans son palais, et avait, en 1692, pennis l'exercice <ii^ catholicisme en Chine, intervint contre l'enseignemeni chrétien et prit cette mesure rigoureuse ?
La question des Rîtes avait continué de soulever d'interminables discussions. Des événements d'une e\ceptionnelle gravité avaient eu lieu & Pékin, et finalemeni l'empereur, dans un accès de colère et d'oi^ueîl. avnit lancé l'édit qui retentissait jusqu'au fond du Su-tchuru et du Yun-nan.
La Société des Missions-Étrangères avait été mêl^eà cette nouvelle phase de la querelle ; les directeurs à-' son Séminaire avaient défendu l'opinion qui condamnait les Rîtes; un de ses évèques, Mgi- Maigrot, avait soutenu ce sentiment en présence même du monarque
DES MISSIONS-ÉTRANGÈRKS 467
liinois, et plusieurs de ses missionnaires avaient été rappés d*exil. Voici les faits :
Attristé de la continuation, de l'extension et de Ta- ^reté des discussions, connaissant le mal qu'elles causaient à Tapostolat en Chine, voyant qu'une discussion, analogue [sur les Rites malabares troublait LOS missions de l'Inde, le Souverain Pontife avait pensé que le meilleur moyen de terminer promptement et complètement cette affaire était d'envoyer aux Indes et en Chine un visiteur apostolique, qui étudiât sur les lieux mêmes les raisons alléguées par les deux parties. II choisit donc, le 2 juillet 1702, Mgr Charles-Thomas Maillard de Toumon, pour régler les points en litige, réleva à la dignité de patriarche d'Ântioche, et lui donna le titre de légat a latere,
Charles-Thomas Maillard de Toumon, issu d'une ancienne et illustre famille de Rumilly, en Savoie, était né à Turin le 21 décembre 1668^. Son père, Victor-Amédée de Maillard, comte de Toumon et marquis d'Âlbe, fut ministre d'État, gouverneur du château et du comté de Nice*. Le fils, aprçs avoir achevé ses études à Rome, au collège de ]a Propagande, embrassa l'état ecclésiastique et ne tarda pas à se distinguer par ses lumières et par son dévouement au Saint-Siège.
Sa nomination de légat en Chine fut accueillie avec joie par les directeurs du Séminaire qui espéraient et souhaitaient vivement la cessation des discussions ; ils le félicitèrent de la haute dignité dont il venait d'être investi,
La réponse du prélat fut empreinte d'une particulière bienveillance pour la Société des Missions-Etrangères ' :
1. Le9 Maillard^ seigneurs et barons du Bouchet, comtes de Toumm^ par Aug. Dufour.