Tom. 5, p
mestiques, après l'avoir longtemps tenu entre les mains et considéré attentivement, il le rendit au mandaiin Ouang-Tao-Hoa, avoua qu'il ne pouvait le comprendre. mais qu'il comprenait les livres qu'il avait étudiés et â rintelligence desquels il avait travaillé. »
De ce fait, on n'a point conclu à l'ignorance du Pèr*- Prémare et on a eu raison. Mais pourquoi Taccusatioa a-t-elle été lancée contre le Vicaire apostolique du Vukien?
Kang-hi ne pardonna pas à Mgr Maigrot sa ^ési^tance et ses répliques, sa colère s'étendit jusqu'au légat.
Par un premier décret du 2 août, il ordonna à l'évêqne de se retirer à Pékin dans la maison des religieux de lu Compagnie de Jésus et d'y demeurer jusqu'à ce qu'il statuât autrement; par un second décret du 3 août^ iJ intima à Mgr Tournon l'ordre de songer à son prochain retour en Europe.
Quelque temps après, la cour étant revenue à la capitale, Maigrot fut arrêté et gardé prisonnier; un autre prêtre des Missions-Etrangères, Guéty, partagea son sort. Appiani, Mezzafalce, Vicaire apostolique du Tchékiang, et plusieurs autres ecclésiastiques de la suite du patriarche eurent à suhir d'humiliants interrogatoires et de mauvais traitements. Enfin le 21 décembre 1706, sur le rapport du prince héréditaire, l'empereur rendit le décret suivant qui les condamnait au bannissement ^ :
« La quarante-cinquième année de l'empereur Kanghi, le troisième jour de la onzième lune, le fils aîné de rcnipercur, les mandarins de la cour Herken et Tchao-
i. Mémoires de la Cohtjrègation de la Mission» Tom. 4, p, 413.
Tchang, ayant rapporté à Tempereur les réponses de " Yen-tang ^ , et des autres^ le présent édit royal fut donné par l'empereur :
c< Yen-tang, Fang-Tcheu, Honato' sont des hommes turbulents dans leur manière d'agir et n'ont pas toutes les dispositions qu'il faudrait avoir pour demeurer dans les provinces. Qu'on les livre au tribunal militaire qui choisira un mandarin pour les conduire en diligence à Canton, où il les mettra entre les mains du préfet général ou du vice-roi ; et eux les enverront à Macao sans qu'il leur soit permis de revenir jamais.
« Ceux d'entre les Européens qui auront le /}tao, c'est-àdire la patente impériale tant mieux pour eux; mais ceux qui ne l'auront pas doivent être renvoyés par les préfets généraux.
« Ceux qui arriveront d'Europe à la Chine seront sans délai envoyés à la cour où Ton déterminera si on leur donnera une patente ou non. »
L'ordre fut exécuté ; Mgr Maigrot fut conduit à Canton et de là à Macao, d'où il revint en Europe.
Mgr de Toumon quitta Pékin le 28 août, et s'achemina vers Nankin. De Lin-chin, le 6 octobre 1706, il adressa au Vicaire apostolique du Fo-kien une lettre où l'éloge du prélat exilé s'unit à des paroles de mélancolique regret et de touchante tristesse sur l'insuccès de la légation apostolique, et à des sentiments de crainte sur l'avenir du catholicisme en Chine et de charitable pardon envers les persécuteurs * :
« Dans le loisir que me donne le voyage que je fais par eau, disait-il, je repasse très souvent dans mon esprit tout ce qui est arrivé contre mon attente les derniers mois qui ont précédé mon départ de Pékin; et je ne
i. Mg;r Maigrot.