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CHAPITRE XVI

I. La Société des Missions-Étrangères pendant la première partie du xviir siècle. — Rareté de missionnaires et manque de ressources. — Pauvreté du séminaire de Québec. — Aide que lui prête le Séminaire de Paris. — II. Revenus de la Société en 1722. — Leur emploi. — Actes de donation. — Difficultés d'exciter la charité des chrétiens d'Extrême-Orient. — III. La Société en Cochinchine : Mgr Labbé. M. Ausiès. M. Gouge. — Au Tonkin : Mgr Béiot. Mgr Guisain. Mgr Néez. — IV. Exil des missionnaires de Chine. — Fondation de la procure de Macao. — M.Conain, le premier procureur. — V. Mgr Tessier de Quérelay est persécuté à Siam, son courage. — VI. Continuation des difficultés. — Lettre des directeurs du Séminaire à Mgr de Quéralay

La Société des Missions-Étrangères est arrivée à une époque critique de son histoire. Pour prospérer, pour se développer, pour accroître ses conquêtes dans le monde païen, elle a besoin d'hommes et d'argent. Elle puise ces deux éléments de prospérité et de succès dans la générosité des chrétiens de France. Or, nous sommes au xviii" siècle, et les historiens sont unanimes à constater la déchéance religieuse et morale de notre pays à cette époque. Louis XIV est mort après avoir oflert de mauvais et de bons exemples ; malheureusement les mauvais ont eu plus d'influence que les bons.

Pendant la régence et sous le règne de Louis XV, la moralité descend avec une effrayante rapidité dans les classes inférieures ; le cynisme de la corruption trouve des disciples et même des apôtres ; la littérature se met au service de honteux dérèglements et prend à tâche de

missions-^hanoères. — I. 32

les colorer cVune teinte gracieuse et d'un vemîs brillaii' I Le clergé lui-même se laisse entamer : u Le sel de ] terre s'était affadi; les lampes du Seigneur s'ctaiei" | éteintes, et les pierres du sanctuaire se traînaient sur 1»» ; places publiques ^ » On disait que TEglise de Dieu av; i* . vécu, et à ceux qui méconnaissaient la ProA-idence. ii semblait que cette parole fût Texpression de la vérit* . la funèbre épitaphe de la foi catholique. '

Ainsi marchait le xviii* siècle, sans se douter deU . tombe sanglante où il devait se coucher. Assurément lo coupables étaient encore les moins nombreux ; la sainteté se rencontrait dans d'humbles chaumières ou soule toit d'antiques demeures seigneuriales ; des cvéque-^. des prêtres séculiers et des religieux donnaient au monde l'exemple de toutes les vertus chrétiennes ; mais peu »i peu ils devenaient plus rares. Dans ce milieu affadi, lc< vocations apostoliques ne pouvaient germer, rien n'excitait aux grands sacrifices ni aux nobles dévouements.

L'enthousiasme, l'élan, la générosité manquaient pour quitter la famille, la patrie, les douceurs d'une existence facile; l'aixleur nécessaire à l'apôtre ne grandissait pas dans les âmes qu'une foi attiédie laissait sans vigueur. Ce sont là des causes générales, il y en a de particulières dont les directeurs du Séminaire parlent en ces termes * :

a Nos séminaristes sont devenus bien plus rares depuis les troubles excités dans l'Eglise au sujet de la constitution Uniffenitifs, cela joint à la misère des temps, qui a empêché un grand nombre de familles de pousser les enfants aux études, rend les sujets si rares que presque personne ne se présente depuis quelques années pour Tœuvre des Missions. »

i. Mnssiilon.

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