Du diocèse de Paris, mort à Siam le 9 août
2. Relation du Toyage de Mgr rEvéque de Béryte, par M. de Bourges, p. 21.
sacrements, et déjà M. de Bourges se disposait à écrire à Paris pour annoncer sa mort prochaine, lorsque le malade fit un signe et lui dit : <( Monsieur, il ne faut pas alarmer nos amis, cette maladie ne sera rien, et dans trois jours, nous continuerons notre route. »
Ces. paroles furent une véritable prédiction. Mgr de la Motte Lambert guérit en quelques jours et partit pour Marseille où il trouva un prêtre, M. Deydier ^, venu de Toulon afin de se joindre à lui. Le 27 novembre 1660, les trois premiers missionnaires de la Société des Missions- Etrangères partaient pour TExtrôme-Orient. Suivant les Instructions apostoliques, ils devaient descendre à Alexandrette, traverser la Syrie, la Mésopotamie, la Perse, et après une courte narigation sur TOcéan, reprendre la route de terre, en passant de la côte de M^abar h la côte de Coromandel, puis de là gagner le royaume de Siam. Nous verrons plus tard les détails de leur voyage. Mais, utile pour eux et pour quelquesuns de ceux qui viendraient ensuite, afin de leur faire g-raduellement connaître les Missions, cette route était trop longue, trop fatigante, trop périlleuse, trop dispendieuse aussi pour être choisie et acceptée comme la route ordinaire, et Mgr Pallu qui prévoyait et préparait tout, avait déjà songé aux moyens d'établir des relations régulières et faciles entre la France et la Haute- Asie.
Notre marine marchande, à cette époque, ne possédait que fort peu de vaisseaux, la plupart en mauvais état et médiocrement commandés; la marine royale n'était qu'un souvenir ou un rêve ; les Portugais, qui avaient